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Séisme au Népal: "La peur d'une réplique nous hante"

Selon le dernier bilan officiel, le tremblement de terre qui a ravagé le Népal a fait plus de 3 700 morts et plus de 6 000 blessés. RMC a pu contacter des Français présents à Katmandou. Ils décrivent l'ampleur du drame.

Le séisme de magnitude 7,8 a fait 3.700 morts et plus de 6.000 blessés au Népal même - le plus meurtrier depuis 80 ans - selon un bilan encore provisoire publié dimanche soir par le centre national des opérations d'urgence népalais. En Inde voisine, les autorités ont fait état de 67 morts, en majorité dans l'Etat oriental du Bihar, et au Tibet le séisme a fait 18 morts, selon la presse officielle chinoise. Mais ce bilan est susceptible de s'alourdir et les agences humanitaires sur place ont toujours du mal à évaluer l'ampleur des destructions et des besoins. RMC a pu contacter quelques Français présents sur place. Ils témoignent de l'étendue des dégâts.

"C'est assez effroyable"

"Je suis allé à Katmandou. Ils ont commencé à sortir les bulldozers, les tractopelles pour dégager les rues mais régulièrement les secouristes sont obligés de s'arrêter pour dégager un corps coincé. C'est assez effroyable… Voir les gens autant dans la peur, c'est vraiment dramatique", raconte Bruno Poirier, accompagnateur pour des groupes de sportifs français qui loge dans un hôtel de la capitale népalaise.

"Dans le centre, vers l'ambassade de France, les bâtiments sont assez solides et n'ont pas trop bougé, explique Fabien Brusson, venu au Népal avec trois amis pour participer à une course à pieds. C'est plus la peur d'une réplique qui nous hante. Dans les hôtels, il y a seulement 10% des gens qui dorment dans les chambres car tout le monde a peur d'une réplique. Les autres dorment dans la rue ou dans des parcs, les zones quelque peu sécurisées". Et de décrire à quoi ressemble la ville en ce lundi matin: "Le cours de choses reprend un petit peu. Les gens commencent à ressortir mais les magasins sont toujours fermés. Les secours sont encore en place sur certaines maisons pour dégager des corps… On panse les plaies… On est dans l'attente".

La pénurie est proche

Il ajoute que si, comme lui, les touristes sont encore bien nourris, la pénurie risque de se faire sentir dans les prochains jours pour les Népalais. "Dans les hôtels, il y a encore de tout, il n'y a pas de souci. On nous a servi un Dal Bhat, le plat traditionnel népalais, à base de riz, lentilles et légumes. Mais la pénurie, pour les Népalais, va commencer à se faire sentir au niveau de l'eau et de la nourriture car tous les magasins sont fermés et il n'y a aucun apport sur Katmandou. Mais nous, touristes, nous ne sommes pas trop mal lotis tout de même".

Des propos confirmés par Bruno Poirier: "Je me mets plus à la place des Népalais que des Occidentaux qui attendent tranquillement leurs vols dans les hôtels. Nous, nous avons à manger, nous sommes choyés, nous avons tout ce qu'il faut…".

Maxime Ricard avec Benoît Ballet