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Services à la personne: faut-il mettre en place une avance bancaire?

Dans une tribune publiée dans le JDD, le président du Medef, Pierre Gattaz et 4 autres personnalités du monde de l'entreprise proposent une réforme du système des aides à la personne. L'idée: faire avancer les frais par les banques et non plus par les ménages.

200.000 emplois créés, 1 milliard d'euros de rentrées pour les comptes publics. C'est ce que rapporterait une réforme du financement des emplois d'aide à la personne, selon Pierre Gattaz et 4 autres personnalités du monde de l'entreprise.

Dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche, le président du Medef préconise que ce soit les banques et non les ménages qui avancent la moitié des prestations de service à la personne. Car actuellement, les particuliers payent l'intégralité de la prestation et bénéficient d'un crédit d'impôt mais l'Etat ne rembourse que 12 à 18 mois après.

Cela devrait régler le problème de trésorerie des ménages "lié au décalage dans le temps du remboursement du crédit d'impôt auquel ils ont droit, avancé lors de leur consommation de services à la personne."

> Benjamin Suchar, fondateur du site Yoopies, qui met en relation particuliers et nounous, estime que c'est une bonne idée:

"Le crédit d'impôts ne profite qu'aux ménages les plus aisés. Il faut pouvoir avancer des sommes considérables parfois lorsqu'on fait appel à quelqu'un dans le cadre du service à la personne. Avancer le crédit d'impôts via les banques, c'est un moyen de faire profiter de cette mesure le plus grand nombre.

Ca va vraiment permettre aux gens de déclarer les personnes qu'ils emploient et donc réduire de manière considérable le travail au noir qui représente entre 30 et 50% des emplois dans ce secteur. On peut s'attendre à une énorme création d'emploi, à des personnes qui vont avoir recours à une femme de ménage, à des gardes d'enfants alors qu'ils ne le faisaient pas pour des raisons financières. Les services à la personne, c'est près de 2 millions d'emplois, oui, ça pourrait créer 200.000 emplois en plus sans problème".

> Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, craint que les banques ne fassent payer aux clients ce crédit:

"Les banques sont aujourd'hui dans une situation où elles font de plus en plus payer les comptes chèques, l'ensemble des services qui sont rendus. On peut imaginer que si elles assurent cette fonction, elles le feront payer d'une autre manière. Donc cette solution n'est pas une solution très efficace.

D'une manière ou d'une autre, elles se feront rembourser cela par les consommateurs. C'est absurde. Faisons simple. Demandons à l'Etat de réagir plus vite, de développer un processus tel qu'il existe aujourd'hui mais avec un calendrier accéléré, beaucoup plus acceptable pour ceux qui font ces dépenses".

P.B.