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A Marseille, une pratique interdite mais pourtant très prisée: le saut de la corniche Kennedy

Depuis 2006, plonger depuis la corniche Kennedy à Marseille est interdit par arrêté préfectoral. Les plongeurs risquent même jusqu'à 150 euros d'amende. Pourtant, tous les jours, ils sont nombreux à venir sauter en quête de sensations fortes.

C’est une des corniches les plus célèbres de France devenue depuis quelques années le véritable spot de plongeon des amateurs de sensations fortes à Marseille. Des adolescents se retrouvent chaque jour sur la corniche Kennedy pour sauter dans la mer.

Sur les réseaux sociaux, ils partagent leurs exploits malgré un arrêt municipal pris en 2006 qui interdit cette pratique. Sur les rochers à 9 mètres de hauteur, maillot de bain et baskets au pied, Léo et ses amis, férus de plongeon, enchainent les sauts. "J'essaie de venir le plus possible parce que ça me détend. Par semaine je viens deux ou trois fois”, assure-t-il.

A quelques mètres le spot le plus populaire mais aussi le plus dangereux avec ses roches à fleur d’eau, un saut de 15 mètres qui ne fait pas peur à Evan qui plonge en salto arrière.

“Je ne regarde pas trop les accidents parce qu’il y a en a partout en voitures, en motos. Donc si on se met à regarder les accidents, on ne fait plus rien”, indique-t-il.

Un gros travail de prévention

Plonger est passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 150 euros, mais il en faut plus pour stopper Noé, 16 ans. “Franchement je m’en fout tant que c’est la passion, je suis là pour m’amuser. Après si les flics mettent une amende, c’est pas grave au pire je paye”, assure-t-il.

Alors depuis des années des médiateurs sont présents pour essayer de raisonner ces jeunes. Pour Nordine Bougrine directeur de l’association Dunes, il faut continuer le travail sur le terrain.

"La prévention est, pour moi, la première des réponses. Il faut prendre contact avec eux et ils acceptent la discussion. Ça c'est un premier pas. Nous on leur rappelle qu’il y a déjà eu des accidents, des gens qui sont morts, qu’il y a des gens qui restent tétraplégiques et donc que le risque existe”, appuie-t-il.

En juin dernier, un homme de 42 ans à perdu la vie.

Clémence Fournival avec Guillaume Descours