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A une semaine des vacances de la Toussaint, le spectre d'une grève reconductible

A quelques jours des congés scolaires d'automne, les militants de base, notamment du secteur du transport, pèsent pour une grande grève reconductible pour réclamer des hausses de salaires face à l'inflation.

Même si globalement la situation s’améliore à la pompe à essence, c’est encore compliqué de faire le plein dans plusieurs régions de France ce dimanche - à moins d’une semaine du début des vacances d’automne samedi prochain. Le mouvement social se poursuit dans les raffineries Total, malgré un accord trouvé entre la direction et deux principaux syndicats la CFDT et la CFE CGC. Ce matin, 27 % des stations-service sont toujours en difficulté d’approvisionnement pour au moins un carburant. C’était 30% il y a quatre jours. Il y a donc du léger mieux, mais un retour à la normale n'est pas pour tout de suite.

Emmanuel Macron l'a promis au cours de la semaine prochaine. Mais de nombreux syndicats et spécialistes mettent en doute cette hypothèse. Il faudra attendre entre dix jours et deux semaines pour un retour à la normale complet à la pompe après une reprise normale de l’activité dans toutes les raffineries et dépôts en France, ce qui n’est toujours pas le cas.

Ainsi, de nombreux Français se demandent donc s’ils auront du carburant ou même s'ils pourront ils prendre le train. En effet, une grève interprofessionnelle, dans les transports notamment, est prévue ce mardi, pour l'obtention de hausses de salaires. On ignore encore si cette grève se poursuivra les jours suivants. Mais la menace d’une grève reconduite sur plusieurs jours est grande.

"Une journée ne va pas suffire"

Selon nos informations RMC, certains militants syndicaux disent vouloir frapper fort, bien conscients que c’est le moment pour se faire entendre. Ils parlent tous d'une "fenêtre de tir" lancée par les grèves dans les raffineries. Dans tout cela, les vacances de la Toussaint peuvent être un levier supplémentaire pour peser dans les négociations. Ils voient, en tous cas, une possibilité d'une grève reconductible.

"Les confédérations syndicales sont en décalage avec la base" dit Khaled, militant, alors qu'un autre explique que la "base a envie de bouger et qu'une journée ne va pas suffire."

Leur objectif: construire un vrai rapport de force. Dès lors, et en cas de grève reconductible adoptée, cela compliquera les déplacements pour la Toussaint et pourra peut-être gâcher les vacances de ceux qui auront la chance d'en prendre. Une situation que les militants ont en tête.

"On est conscient que cela va impacter les gens forcément, mais c'est indispensable. On ne les prend pas en otage, on les fait contribuer à notre cause. Malheureusement, ça va être des vacances assez "noires" cette fois-ci. Mais c'est nécessaire" dit Jeff, militant CGT.

Un représentant syndical des salariés de l'aéroport de Roissy évoque par exemple une situation potentiellement compliquée dans les aéroports en fin de semaine prochaine.

Margaux Bourdin, Martin Bourdin et Maxime Martinez