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Absentéisme des facteurs: "un procès fait au service public" pour Olivier Besancenot

Dans un rapport publié mercredi, les facteurs sont dans le colimateur de la Cour des comptes. Absentéisme, temps de travail difficile à évaluer, sont les maux de la Poste selon l'institution. Olivier Besancenot, ancien facteur rejette ces critiques et veut défendre le service public.

La Cour des comptes pointe dans un rapport mercredi l'absentéisme des facteurs. "Il y a toujours moins d'absentéisme qu'à l'Assemblée nationale", ironise Olivier Besancenot du NPA et salarié de La Poste. La Cour des comptes estime que l'absentéisme des facteurs, "particulièrement élevé", est coûteux pour la Poste. Olivier Besancenot reconnaît qu'il y a "un malaise" au sein de la Poste. "Il y a des collègues qui vont en effet en traînant les pieds, la boule au ventre" au travail. La faute selon lui aux méthodes internes.

"Tous les 18 mois vous êtes restructurés. Concrètement quand vous êtes à la distribution on supprime votre tournée, et on vous donne un morceau de tournée supplémentaire (…). Ce qu'on entend de plus en plus dans la boîte, c'est des jeunes qui disent 'de toute façon, je ne vais pas rester, vivement que je me barre' et des anciens qui disent 'dès que je peux, je pars à la retraite".

Pour Besancenot, la Cour des compte "ment"

La Cour des comptes regrette aussi dans son rapport la difficulté pour contrôler le temps de travail effectif des facteurs. Le rapport dénonce la pratique du "fini-parti" qui consiste pour un facteur qui a fini sa tournée à quitter son lieu de travail même avant l'heure théorique de fin de service. "Ils ne savent pas ce qu'ils disent, déplore Olivier Besancenot.

La pratique du fini-parti c'est valable dans les deux sens. Quand vous avez fini avant vous rentrez chez vous, mais si vous finissez après vous faites des heures qui ne sont pas payées, la Cour des comptes oublie de le dire", estime l'ancien candidat à l'élection présidentielle.

"Et puis elle ment, elle dit qu'on ne comptabilise pas le temps de travail, c'est faux. Avant chaque restructuration, il y a des experts qui viennent nous voir et qui comptabilisent le temps de travail", poursuit-il.

Des propositions vers un recul du service public?

La Poste est confrontée depuis plusieurs années à une baisse de son activité de courrier, que l'ancienne entreprise publique a tenté de compenser en développant d'autres services.

"Oui le courrier baisse, c'est indiscutable, reconnaît Olivier Besancenot. Mais comme toutes les activités qui baissent en ce moment, on est en pleine récession économique. Il y a quand même un gros paradoxe, c'est que la Poste se porte très bien."

Pour faire des économies, la Cour des comptes propose de supprimer un jour de distribution dans certaines zones. "Ca veut dire qu'il y a une présence du service public qui sera de moins en moins assurée. Ce n'est pas une Cour des comptes, c'est une cour d'assises, c'est un procès qui est fait au service public".

Carole Blanchard