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Alcool à la chasse: "C’est une image qui nous est collée depuis des lustres", regrette un chasseur

Le gouvernement a affirmé travailler sur une loi pour limiter l'alcool à la chasse en se basant sur les quantités autorisées dans le code de la route. Un débat que ne refusent pas les chasseurs qui affirment cependant que les problèmes d'alcoolisme dans ce loisir ne sont pas fondés.

Alors que les accidents de chasse continuent d'émailler l’actualité, le gouvernement a la volonté de lutter contre ces accidents en créant notamment un “délit d’alcoolémie à la chasse”, comme l'a révélé le journal Le Parisien. Le but serait de, comme dans le code de la route, limiter le taux d’alcool dans le sang à 0.5g par litre.

"On discute sans tabou avec le gouvernement pour améliorer la sécurité à la chasse”, a confirmé ce week-end sur RMC, Willy Schraen, président de la Fédération Nationale des Chasseurs.

Il a assuré qu’il trouvait ça “cohérent” que le taux d'alcoolémie soit fixé "au même seuil qu'au volant", d'autant plus "que les chasseurs se déplacent majoritairement en voiture". En revanche, il juge "stupide" l'interdiction pure et simple de l’alcool.

Un avis que partage Anthony, chasseur. Dans “Estelle Midi” ce lundi, il assure que l’alcool et la chasse, c’est une fausse image qui colle au dos des chasseurs.

“Il n’y a pas vraiment de problème en réalité, c’est juste une image qu’on nous colle. De toute façon, aujourd'hui, on fait des lois pour tout donc allons-y. Mais je trouve que pour l’intérêt général cette loi n'a aucun sens", indique-t-il.

"Pour l’intérêt des chasseurs en revanche, elle a du sens. Parce que quand on fera le bilan au bout d’une année, et qu’on verra que sur environ 20 millions d’actions de chasse par an, on a trois-quatre gars qui seront devant les tribunaux, on verra bien que ce type de loi a été faite pour rien. Par contre ça validera le fait que c’est une image qui nous est collée depuis des lustres, que c’est faux. Ce sont nos opposants qui s’appuient sur ça. Moi cette loi au contraire, j’applaudis des deux mains", poursuit-il.

Un changement dans l'angle de tirs des chasseurs?

Depuis septembre, les accidents de chasse se sont multipliés. Une femme de 67 ans a notamment été tuée accidentellement par son compagnon lors d’une battue dans les Côtes-d’Armor, le 16 octobre. Une mère de 33 ans et ses deux enfants ont été touchés par un chasseur dans le Beaujolais, le 9 octobre. L’auteur du coup de feu s’est dit "aveuglé par le soleil".

Mais pour les chasseurs, rien à voir avec l'alcool.

“On n'est pas des inconvénients non plus. S’ils y avait, à des parties de chasse des chasseurs complètement bourrés, les premiers qui seraient devant lui, ce seraient les autres chasseurs. Moi personnellement ça ne m'est jamais arrivé de voir ça, assure-t-il.

L’autre piste de réflexion du gouvernement pour limiter les accidents de chasse porte sur l'angle de tir des chasseurs. Censé être de 30° minimum, il ne serait pas assez respecté. Et l'exécutif voudrait généraliser cette règle et la rendre plus contraignante.

Guillaume Descours