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Limiter l'alcoolémie à la chasse? "C'est cohérent" estime le lobbyiste Thierry Coste

Faut-il encadrer la consommation d'alcool pour les chasseurs ? La secrétaire d'État à l'écologie le propose dans une série de concertations avec les chasseurs. Invité de la matinale de RMC, le lobbyiste Thierry Coste estime "cohérent" une telle solution.

Faut-il encadrer la consommation d'alcool pour les chasseurs? Le gouvernement souhaite lancer des concertations pour mieux assurer les conditions de sécurité lors de la chasse. La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Bérangère Couillard, doit faire des premières annonces mardi lors d'un déplacement dans la Marne. De nouvelles règles qui sont attendues d'ici la fin de l'année, alors que les accidents de chasse se multiplient depuis septembre.

L'une des pistes sur lesquelles le gouvernement planche est la consommation d'alcool des chasseurs. Aujourd'hui, il n'y a aucune règle ni aucun cadre. Les chasseurs ivres ne sont pas des cas majoritaires estime un conseiller gouvernemental, mais pour limiter les risques d'accident le gouvernement réfléchit à mettre en place une limite de consommation, comme pour les automobilistes. Reste à décider du seuil, des sanctions, et de qui effectuera les contrôles.

Les chasseurs pas opposés à cette réforme

Sur RMC, Willy Schraen, président de la Fédération Nationale des Chasseurs (FNC), explique qu'il n'a "jamais été fermé à l'idée d'avoir une réglementation pour l'alcool, qui soit la même que la voiture par exemple."

"On va discuter des modalités mais nous ne sommes fermés à rien pour l'évolution de la chasse. Je fais partie des gens qui demandent plus de police pour la chasse et pour la ruralité. Ce genre de chose ne me pose absolument aucun problème."

Invité de la Matinale Week-End de RMC, Thierry Coste, lobbyiste à la FNC, estime qu'il est "cohérent" que le taux d'alcoolémie soit fixé "au même seuil qu'au volant", d'autant plus "que (une bonne partie des) chasseurs se déplace en voiture" mais juge "stupide" l'interdiction pure et simple. Une mesure pour battre en brèche "la psychose qui s'est créée autour de la chasse", selon le lobbyiste.

"On discute sans tabou avec le gouvernement pour améliorer la sécurité à la chasse, alors que 90% des accidents concernent les chasseurs, et battre en brèche cette psychose qu'on ne peut pas aller chasser et se promener en même temps", déclare-t-il.

L'angle de 30° au cœur des débats

L'autre piste de refléxion du gouvernement est sur l'angle de tir des chasseurs. Censé être de 30°, il n'est pas assez respecté. L'exécutif voudrait généraliser cette règle et la rendre plus contraignante. Pour Thierry Coste, là est "le vrai sujet": "le non-respect des règles élémentaires de sécurité et notamment cet angle."

"C'est nous, chasseurs, qui sommes les plus menacés. Donc on va rendre obligatoire un certain nombre de choses, à adapter avec la situation et on est pragmatiques" explique Thierry Coste.

Rien n'est encore acté, et un conseiller ministériel insiste: ces nouvelles règles doivent être établies en proche concertation avec les chasseurs, pour mieux protéger les promeneurs et les pratiquants de la chasse. Même son de cloche chez les chasseurs: "si on veut satisfaire les anti-chasse, rien ne sera suffira. Mais là dialogue avec un gouvernement qui nous est favorable."

Maxime Martinez et Romain Cluzel