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Brunel veut « remettre dans les bateaux » les clandestins

La députée UMP Chantal Brunel (ici en compagnie de Nicolas Sarkozy).

La députée UMP Chantal Brunel (ici en compagnie de Nicolas Sarkozy). - -

Les déclarations de la députée UMP Chantal Brunel, ce mardi, suggérant de « remettre dans les bateaux les populations qui viennent de la Méditerranée » provoquent un tollé, jusqu'à l'UMP. Mais l'intéressée persiste et signe.

On peut difficilement nier que les propos de Chantal Brunel ont choqué, jusque dans le propre camp de la députée de Seine-et-Marne.

« Rassurer les Français sur les populations venant de la Méditerranée »

Interrogée ce mardi à l'Assemblée nationale au sujet des récents sondages donnant Marine Le Pen en tête au premier tour de la présidentielle, elle a déclaré devant micros et caméras que « les Français trouvent qu'on débat beaucoup mais qu'il n'y a pas d'actes concrets (...). Il n'est pas normal qu'on ne [les] rassure pas sur toutes les populations qui viennent de la Méditerranée. Après tout, remettons-les dans les bateaux ! ».

« Cette débile de députée UMP »

Des paroles qui ont provoqué un véritable tollé. Le numéro deux du PS, Harlem Désir, s'est interrogé: « Chantal Brunel est-elle passée de porte-parole de l'UMP à porte-parole du Front National ? ». Les Jeunes socialistes ont « exigé des excuses de la députée ».
Au Modem, on évoque des « paroles d'exclusion et de rejet à l'emporte pièce (...), pas à la hauteur des solutions qu'il nous faut apporter avec les pays d'origine, pour résoudre ces exodes de guerre ». « Les solutions, ce n'est pas de dire "renvoyons les immigrés dans des bateaux", comme cette débile de députée UMP », a encore réagi de son côté Cécile Duflot (Europe Ecologie - Les Verts).

Face à cette levée de bouclier de l'opposition, l'UMP a pris position dans la soirée, en se désolidarisant de Chantal Brunel. Son secrétaire général, Jean-François Copé, « désapprouve et ne comprend pas du tout » ces paroles. « Il peut arriver que de temps en temps on dise des choses qui sont en décalage avec ce que l'on pense profondément, et je pense que ça doit être le cas de Chantal », conclue-t-il.

Brunel « maintient les propos » sur le fond

Mais interrogée sur BFMTV ce mercredi matin, l'intéressée dément avoir dérapé, persiste et signe : « Je maintiens les propos. Quel est le problème ? Nous avons à faire face à des réfugiés clandestins. J'ai fait un raccourci, j'ai utilisé le terme de "bateaux", bon... Bien sûr, parce qu'ils sont arrivés par la mer, il ne s'agit pas de les mettre dans les mêmes bateaux qui les ont amenés, mais dans des bateaux. Il faut bien les ramener dans leur pays. Notre pays n'a pas vocation à accueillir, comme disait Rocard, toute la misère du monde. Maintenant si on ne peut plus utiliser le terme "bateaux" parce que Marine Le Pen l'a fait, où allons-nous ? Il est bien évident que j'ai résumé (...) ma pensée par un raccourci que je regrette. Mais qu'allons-nous faire de tous ces réfugiés clandestins ? »

La Rédaction