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Cadre du PS agressé par un député LREM: "Je n'ai que mépris pour ce type de comportement et de gens"

Le député LREM M'Jid El Guerrab.

Le député LREM M'Jid El Guerrab. - AFP

M'jid EL Guerrab, député LREM, a été placé en garde à vue dans le cadre de l'agression du député socialiste Boris Faure, mercredi dernier

Le député M'jid El Guerrab, qui s'est mis en congé vendredi du parti La République en marche et de son groupe parlementaire, a été placé en garde à vue après sa violente altercation mercredi avec un cadre du PS, Boris Faure.

Le député de 34 ans, qui est sous le coup d'une enquête pour "violences aggravées" ouverte mercredi par le parquet de Paris, est accusé d'avoir commis des actes de violences contre Boris Faure, premier secrétaire de la fédération PS des Français de l'étranger. Boris Faure a en effet dû être opéré en urgence, selon la famille, après avoir reçu deux coups de casque très violents de la part de M'jid El Guerrab.

"Je m'excuse pour la violence du geste"

Le président du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale et député du Finistère, Richard Ferrand a quant à lui immédiatement condamné l'acte de M'jid El Guerrab dans un tweet: "Aucun acte de violence n'est tolérable dans notre vie démocratique et notre État de droit. Mes voeux de prompt rétablissement à Boris Faure."

M'jid El Guerrab a reconnu jeudi un geste violent. "Je m'excuse pour la violence du geste. Et d'ailleurs, je condamne toute forme de violence car en dépit des paroles et insultes proférées, la violence n'est jamais la réaction appropriée (...) Je regrette d'avoir cédé à la provocation".

"C'est un personnage qui ne mérite que le mépris"

Mais pour Bernard Faure, le père de Boris Faure, ce placement en garde à vue l'importe guère car il a beaucoup de mépris vis à vis de M'jid El Guerrab. "Le sort de l'agresseur m'indiffère. Je n'ai que mépris pour ce type de comportement et de gens. Que l'ouverture d'une enquête par Mr. le procureur de la République ait abouti à entendre l'agresseur c'est tout simplement logique, je dirais même que cela nous indiffère. C'est un personnage qui ne mérite que le mépris. Ce que je souhaite ardemment c'est de voir mon fils sur ses deux pieds, souriant et heureux. Les médecins nous ont dit qu'il fallait encore patienter pour savoir s'il aurait ou non des lésions. Nous aborderons le moment venu cette phase de la justice, en toute sérénité et en étant sûr de notre sort".

"Nous savons le traumatisme qui est causé à la victime"

Maître Eric Dupond-Moretti, l'avocat du député M'jid El Guerrab, affirme que son client regrette son geste, mais qu'il a agi en réponse à une agression: il aurait eu le poignet retenu par Boris Faure et il aurait fait l'objet d'insultes racistes. "Nous savons le traumatisme qui est causé à la victime. Et celui que j'ai l'honneur de défendre dit 'je ne pouvais pas imaginer les conséquences de ce geste. J'étais mois dans un état tel que j'ai voulu me dégager et j'ai porté deux coups'. Il assume complètement les conséquences de son geste. On est présence de quelqu'un qui non seulement ne fuira pas ses responsabilités, mais regrette évidement son geste. Qui est un geste qui n'a pas été accompli dans la froideur et dans le calme".

Charlotte Peyronnet (avec A.M.)