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Crise dans les services publics: "Je constate qu’on se tiers-mondise", juge Charles Consigny

Les fonctionnaires comme les Français considèrent les services publics comme déficients selon une enquête Ifop dévoilée ce week-end dans le JDD. Une situation qui est due à un assistanat trop important pour certains Français.

Les services publics sont en grande difficulté. Un avis que partagent à la fois les professionnels du secteur ainsi que le grand public de manière générale. Selon une enquête Ifop dévoilée dimanche par le Journal du Dimanche, 58% des fonctionnaires considèrent les services publics comme étant déficients et 61 % des Français sont du même avis.

Si une majorité de Français considèrent que la Sécurité sociale (56%), les universités (53%) ou l'école (52%) fonctionnent bien, seulement 23% jugent satisfaisant le fonctionnement de la justice. L'hôpital, lui, ne rassemble que 27% d'opinions favorables.

“Quand vous déposez une plainte ou vous assignez quelqu’un devant un tribunal, il ne faut pas espérer obtenir un quelconque résultat ou alors il faut s’armer de patience et investir dans des avocats qui vont pouvoir faire le travail des enquêteurs et relancer la machine pour que ça aboutisse. Donc moi, je constate qu’on se tiers-mondise”, affirme l’avocat Charles Consigny dans les “Grandes Gueules” sur RMC et RMC Story.

Un manque de main d'oeuvre?

Mais alors pourquoi cette dégradation des services publics? Pour Charles Consigny, c’est dû à plusieurs problèmes. D’abord, il estime que la richesse en France est concentrée dans les mains d’une toute petite minorité. Ensuite, parce qu’il estime qu’une partie des Français ne veulent plus travailler.

“Quand tu veux accéder à certains services publics, il faut vraiment viser le bon horaire. Je le dis sans caricature, attention de ne pas débouler à 16h32 ou à la pause-déjeuner”, précise-t-il.

Il donne un autre exemple avec la RATP qui selon lui a besoin d’être “remis en marche”. “Moi qui prends le métro tous les jours, et régulièrement, je m’exaspère de voir par exemple sur la ligne 8 des métros bondés et qui pourtant arrivent à intervalles assez éloignés. Je pensais que c’était dû à des problèmes techniques, mais je ne pouvais pas imaginer que c’était parce qu’ils manquaient de conducteur. Dans un pays où il y a 10 millions de chômeurs, la RATP n’est pas foutue de mettre des gens au volant de ces rames de métro”, appuie-t-il.

Guillaume Descours Journaliste RMC