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Aide de 400 millions d'euros pour les hôpitaux: "Ce n’est pas ce qui va résoudre la crise"

Face à la crise de la pédiatrie hospitalière et sous la pression des soignants, le ministre de la Santé François Braun a annoncé ce mercredi de nouvelles mesures pour venir en aide aux services pédiatriques, pour un montant total d'environ 400 millions d'euros. Très largement insuffisant pour répondre à la crise, selon certains soignants.

Le ministre de la Santé François Braun a annoncé 400 millions d’euros pour faire face à la crise de la pédiatrie hospitalière, sous la pression des soignants. Mais à part ça, rien de bien nouveau dans les mesures. La rémunération des heures de nuit va être doublée pour l'ensemble des personnels de l'hôpital jusqu'au 31 mars, les mesures mises en place cet été dans le cadre de la "mission flash" vont être prolongées.

La prime de soins critiques va, elle, être élargie à l'ensemble des soignants travaillant dans les services de soins critiques, et notamment aux puéricultrices et aide-soignants des services pédiatriques hospitaliers.

Le ministre a reconnu une situation préoccupante dans les hôpitaux, liée à une épidémie de bronchiolite inquiétante. Ces solutions, d'un montant "de l'ordre de 400 millions d'euros" selon le ministre, comprennent l'enveloppe de 150 millions d'euros promise en octobre par le gouvernement pour soutenir "les services en tension", a précisé son cabinet.

Une somme très insuffisante

Pour Fabrice Michel, chef du service anesthésie réanimation pédiatrique de l'hôpital de la Timone à Marseille, cette somme est dérisoire par rapport aux besoins réels dans les hôpitaux.

“400 millions, si c’est pour la semaine qui vient, c’est pas mal. Si c’est pour les dix ans qui viennent, c’est très, très insuffisant. Ça va peut-être nous permettre de passer le cap des bronchiolites. Il semblerait qu’on ait des heures supplémentaires qui soient un peu mieux payées. Très clairement, ce sont des mesures à très court terme, indispensables pour les deux mois qui viennent, mais ce n’est pas ce qui va résoudre la crise de l’hôpital public qui est profonde. Aujourd’hui, on ne trouve plus de personnel pour venir travailler chez nous. Ce qu’on demande, ce sont des vraies solutions”, pointe-t-il.

Surtout que les 400 millions d'euros concernent l'hôpital en général et pas seulement les services pédiatriques.

Mahauld Becker-Granier avec Guillaume Descours