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Compétitivité, logement, services publics: les chantiers vraiment prioritaires pour l'économie

Dans "Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story, Emmanuel Lechypre a fait le point sur les chantiers à lancer pour le second mandat d'Emmanuel Macron.

Nouveau mandat, nouveaux chantiers pour Emmanuel Macron. Il y a des chantiers qui sont affichés comme des priorités et dont l’avancement est en bonne voie. Le plein emploi, on y va doucement, ne serait-ce que pour des raisons démographiques: en période de croissance, il faut aujourd’hui moins de 100.000 créations d’emplois pour diminuer le nombre de chômeurs, quand il en fallait 200 à 300.000 dans les années 2000. La croissance est plus riche en emplois: avec 1,5% de croissance, on y sera.

La transition écologique: on se flagelle, mais si on regarde la dizaine de classements mondiaux qui font foi, la France figure à chaque fois dans les cinq premiers. Sur le pouvoir d'achat, les pouvoirs publics ont fait beaucoup, ce serait plutôt maintenant aux entreprises de jouer le jeu.

La réforme des retraites, nécessaire mais pas urgente

Il y a des sujets jugés absolument prioritaires par Emmanuel Macron mais qui ne le sont pas tant que ça. Et notamment la principale réforme à l’agenda économique: la réforme des retraites. Nous allons vers la disparition naturelle des déficits vers 2035, le principal régime du privé (Agirc-Arcco) est excédentaire et le véritable âge de départ à la retraite est de 63 ans. Pour Emmanuel Macron, c'est 64 ans. Donc, c'est une réforme nécessaire pour financer le grand âge mais il n'y a pas d'urgence absolue.

Et puis il y a des chantiers qui devraient être prioritaires et qui sont insuffisamment pris à bras le corps. Par exemple, la compétitivité: la France affiche un déficit commercial historique -80 milliards, du jamais-vu-, le plus élevé de tous les grands pays européens. L'Italie est en excédent aujourd'hui, l'Espagne n'a que 15 milliards de déficit. Un déficit extérieur, c’est un pays qui perd de sa substance économique.

Le logement, grand absent: plus de 4 millions de Français mal logés, des prix inabordables. Quasiment rien n'est prévu pour améliorer le quotidien des Français.

Et puis surtout, la détérioration des comptes de l’Etat et la modernisation du service public: la France ne peut être le pays qui dépense le plus, qui prélève le plus, avec des services publics dont la qualité est aussi dégradée et des fonctionnaires aussi mal payés. Ce serait le grand chantier prioritaire pour la cohésion des Français.

Emmanuel Lechypre