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Dans le dossier Tati "l’une des difficultés c’est la loi Macron", selon Thomas Hollande

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Parmi les dossiers qui attendent le nouveau président Emmanuel Macron, celui des magasins Tati. Plus de 1700 salariés voient leur emploi menacé.

A peine nommé, Emmanuel Macron a déjà du pain sur la planche, et notamment dans l’actualité sociale. L'intersyndicale de Tati a écrit une lettre ouverte au PDG du groupe pour lui demander de protéger les salariés l’entreprise, placée en liquidation judiciaire début mai. Les syndicats affirment que le groupe gagne pourtant de l'argent, craignent des licenciements secs parmi les 1750 salariés de Tati.

Au moins cinq repreneurs se sont dits intéressés: la Foir'Fouille, Centrakor, Stockomani, Maxi Bazar ou encore Gifi. Mais les salariés redoutent des départs massifs. Ils étaient une trentaine réunis rue de Rennes à Paris samedi pour interpeller leur direction et le nouveau président. Regroupés devant le magasin de chaussure Eram, qui possède l'enseigne Tati, certains tentent d'attirer l'attention des clients. Délégué syndical CFDT, Tahar Benslimani, veut interpeller la direction du groupe mais aussi les pouvoir publics. "Je sais que c’est un peu juste mais s’ils peuvent intervenir on serait heureux. Ça peut changer la donne. C’est une enseigne emblématique de la France, je pense qu’ils pourraient faire un geste".

"Dès que le nouveau gouvernement sera nommé, on l’interpellera sur ce dossier"

Un message pour Emmanuel Macron? Oui selon Thomas Hollande, fils de l’ancien président et avocat du CE de Tati. "Dès que le nouveau gouvernement sera nommé, on l’interpellera sur ce dossier. Surtout que l’une des difficultés dans ce dossier c’est la loi Macron qui a supprimé l’obligation pour les groupes de financer les PSE de leurs filiales en redressement judiciaire. Le nouveau président a dit qu’il s’investirait sur les dossiers sociaux. Dans le dossier Tati il y a plus de 1700 salariés, donc on espère bien que le nouveau gouvernement va se mobiliser. Qu’il va faire pression sur le groupe Eram pour d’abord éviter les licenciements et ensuite qu’Eram s’engage à reprendre tous les salariés des magasins fermés qui ne seraient pas repris".

Après la mise en liquidation judiciaire de Tati, Philippe 22 ans d'ancienneté craint en effet un licenciement. "On est tous solidaires par rapport à la peur de perdre notre emploi. Tout ce qui passe en ce moment c’est catastrophique, ça fait un mois qu’on est dans le flou". Les salariés des 115 magasins Tati attendent avec inquiétude le 29 mai prochain, la date butoir pour les repreneurs afin de se faire connaitre auprès du tribunal de commerce.

Nicolas Ropert