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Les gendarmes convoquent la lycéenne qui a interpellé Emmanuel Macron: "Scandaleux" pour Barbara Lefebvre

La lycéenne qui avait apostrophé le chef de l'Etat lors d'une visite de ce dernier à Gaillac, dans le Tarn, a reçu la visite de gendarmes dans son lycée.

Jeudi dernier, lors d’une visite d’Emmanuel Macron à Gaillac, une jeune fille, Laura, 18 ans, a interpellé le président de la République en lui posant une question. “Vous mettez à la tête de l’Etat des hommes qui sont accusés de viol et de violences sur des femmes, pourquoi?” l’avait-elle interrogé.

Si la séquence a été filmée et largement diffusée sur les réseaux sociaux, c’est surtout la visite de gendarmes au sein même de son lycée qui a provoqué la polémique. En effet, Laura avait expliqué dans Le Parisien, avoir été "convoquée", en plein cours pour un entretien au sein de l'établissement. “On est rapidement venu à l’échange avec Emmanuel Macron. Ils m’ont demandé ce que j’avais voulu faire, alors je leur ai dit que je voulais poser tel question, etc. Puis là, le gendarme m’a dit : c’était pas à faire", a indiqué la jeune femme dans le quotidien.

Un acte qui pose question pour l'enseignante en reconversion Barbara Lefebvre, qui a qualifié cet acte de “scandaleux” dans les "Grandes Gueules" ce lundi sur RMC et RMC Story.

“Je ne sais pas si c’est normal que les gendarmes se pointent pour faire une audition improvisée, impromptue en quelque sorte avec une gendarmette qui lui fait la leçon. C’est absolument scandaleux. C’est sans doute sur l’ordre d’un préfet. Je ne dis pas que c’est Emmanuel Macron qui a dit interpellez-moi cette gamine. Je pense même que le chef de l’Etat ne doit pas être très content de ce genre de publicité, c’est catastrophique pour lui. Mais voilà ce que certaines personnes qui ont du pouvoir, et qui portent l’uniforme, se croient autorisés de faire", indique-t-elle.

Des exuses de la gendarmerie

Vendredi, dans une publication sur leur page Facebook, la gendarmerie du Tarn ont adressé des excuses à la jeune femme en tentant d’expliquer la convocation.

“Notre action visait simplement à prendre en compte cette personne, qui s'était présentée comme victime, pour lui proposer de recueillir une éventuelle plainte, ou à défaut pour lui proposer une aide, un accompagnement ou un relais pour rencontrer les associations locales pour lui porter assistance. Nous tenons à nous excuser auprès d'elle si notre démarche d'aller à sa rencontre au lycée pour échanger a été mal perçue et qu'elle considère que nous avons été maladroits. Nous restons évidemment à son écoute et à sa disposition", ont-ils écrit.

Guillaume Descours