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Ecole: pourquoi les propositions de Macron ne passent pas chez les enseignants

Emmanuel Macron a dévoilé son programme pour l’école et a notamment annoncé vouloir mieux rémunérer les enseignants qui acceptent des missions supplémentaires, et donner plus de libertés aux établissements. Des propositions qui ne passent pas chez les enseignants et les chefs d’établissements. Explications.

Lors de la présentation de son programme présidentiel jeudi, Emmanuel Macron a annoncé vouloir mieux rémunérer les enseignants qui acceptent des missions supplémentaires. "J’assume totalement qu’il y aura plusieurs systèmes de rémunération entre les enseignants. Parce qu’ils ne font pas tous la même chose partout sur le territoire. Pendant le Covid, des enseignants ont été là, ce sont occupés de vos enfants. Et il y a aussi des enseignants qui ont disparu. Ils sont tous payés de la même manière aujourd’hui car le système est un peu hypocrite", a déclaré le Président-candidat.

"Où va-t-on mettre ce temps de travail supplémentaire?"

Des propositions qui ne convainquent pas forcément chez les personnels de l'Education nationale:

"C'est un discours qui méconnaît totalement la réalité de ce qu'on fait. Peut-être qu'en faisant ainsi, Emmanuel Macron fait une croix sur le vote des profs, puisqu'un enseignant actuellement travaille 42,53 heures par semaine (en moyenne). Ce sont les chiffres du ministère de l'Education nationale. Où va-t-on mettre ce temps de travail supplémentaire? (Ce qu'il propose) ce n'est pas une revalorisation", estime Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du SNES-FSU, syndicat majoritaire des collèges et lycées, invitée de RMC vendredi matin.

Une mise en concurrence des profs?

Le chef de l’Etat souhaite également donner plus de libertés aux équipes pédagogiques, en permettant aux directions de recruter eux-mêmes le personnel éducatif "sur profil".

Message très mal reçu, chez les professeurs, qui y voit une mise en concurrence, à peine voilée. "C’est n’importe quoi. Il va falloir défendre son poste contre le collègue d’à côté pour ne pas se le voir voler? On est déjà suffisamment occupé pour ne pas en plus être transformé en représentant de commerce vantant ses compétences", s’énerve Jean-Rémi Girard, professeur de français et président du syndicat national des lycées et collèges.

"Créer implicitement une école à deux vitesses"

Hors de question aussi pour les directeurs d'établissements de jouer les chasseurs de tête. "L’enjeu, c’est l’équité de traitement. Est ce qu’on doit rentrer dans une forme de compétition entre établissements publics? Il n’y a pas besoin de ça. Il créerait implicitement une école à deux, trois ou quatre vitesses", dénonce Didier Georges, proviseur d'un lycée hôtelier à Paris et secrétaire national du syndicat SNPDEN-UNSA.

Cette expérimentation a déjà eu lieu dans 50 écoles marseillaises, sans que l'on en connaisse vraiment les résultats.

Contactées, les associations de parents d'élèves se montrent très méfiantes. Elles redoutent notamment que les établissements jugés difficiles soient complètement sacrifiés.

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