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Les étudiants doivent affronter l'inflation: "C'est moins cher de manger au Crous"

C'est la rentrée pour de nombreux étudiants, ce lundi. Un retour sur les bancs de la fac encore plus difficile que les précédents, à cause de l'inflation. Les étudiants vont s'adapter pour pouvoir tenir leur budget, notamment sur l'alimentation.

C'est le grand jour pour de nombreux étudiants qui retournent à la fac, ce lundi 12 septembre 2022. Une rentrée qui s'annonce difficile à cause de l'inflation. La hausse du coût de la rentrée par rapport à l'année dernière est estimée à 7,4%, selon la Fage, Fédération des associations générales étudiantes.

Le poste de dépense qui s'alourdit le plus est celui de l'alimentation, alors les étudiants changent leurs habitudes.

"Je ne peux pas dire que je suis végétarienne car ça n'est pas un choix que j'ai fait. Les légumes et les fruits j'en mange un peu plus, mais beaucoup moins qu'avant, quand j'étais chez mes parents, par exemple", explique Eva, étudiante en troisième année d'ergothérapie à Amiens (Somme).

Les épiceries solidaires prises d'assaut

Une solution pour elle: le restaurant universitaire. Elle s'y rendra midi et soir car pour les boursiers, un repas y coûte seulement un euro. "On a, des fois, envie de rentrer chez soi mais c'est moins cher de manger au Crous et cette année, je vais essayer d'y aller le plus souvent possible."

Même si le montant des bourses a augmenté de 4% et qu'une aide à la rentrée de 100 euros a été versée, cela ne suffit pas.

De nombreux autres étudiants optent, en plus du Crous, pour les épiceries solidaires à la place des supermarchés.

"J'achète du lait, j'achète des pâtes, franchement il y a tout. Depuis que j'achète ici, je fais vraiment des économies", affirme Amadir, étudiant.

Dans ces épiceries, les demandes ne s'arrêtent pas. "Tous les jours, on a des mails et des messages pour nous demander un dossier d'inscription. Ils nous disent qu'acheter au supermarché devient impossible", souligne Paul Lafay, président de la fédération des associations étudiantes picardes, qui gère le lieu.

L'inflation est telle que même les bénévoles ont du mal à approvisionner l'épicerie, surtout avec les produits d'hygiène.

Victor Joanin (édité par Astrid Bergere)