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Pourquoi la prime de 1.000 euros pour enseigner en REP+ ne satisfait pas les profs

Les syndicats enseignants craignent que la prime distribuée cette année aux enseignants dans les écoles en difficulté soit "une première tentative d'instauration d'une prime au mérite".

Quelque 861.000 enseignants ont repris le chemin de l'école ce vendredi matin. Avec une nouveauté pour les personnels éducatifs des REP+ (Réseau d'éducation prioritaire): ils toucheront cette année 1.000 euros de prime supplémentaire. Cette prime doit s'ajouter à celle de 2.315 euros annuels instaurée par le gouvernement précédent pour les enseignants de REP+. Une revalorisation progressive qui devrait se poursuivre en 2019 et en 2020 pour atteindre 3.000 euros. L'idée est notamment d'attirer les profs plus expérimentés dans les établissements classés en éducation prioritaire renforcée et valoriser le travail des équipes qui s'y trouvent déjà.

Une prime qui ne répond pourtant pas aux problèmes de fond, selon Mathilde Eisenberg, instructrice depuis 6 ans à Nanterre. "C'est vraiment de la poudre aux yeux. Ce n'est pas 1.000 euros qui fait qu'un enseignant reste en REP+. Ça va mettre du beurre dans les épinards, mais ce dont on a besoin c'est de faire plus de sorties culturelles. Or, à chaque fois qu'on veut faire des projets artistiques, on doit vendre des gâteaux, aller chercher l'argent par ci par là… on n'a pas fait enseignant pour ça."

"Ça va mettre du beurre dans les épinards, mais…"

Cette revalorisation progressive pourrait être conditionnée aux progrès des élèves ou aux projets des établissements. Un point qui interpelle Francette Popineau, secrétaire Générale du syndicat enseignant SNUipp FSU. "On voit bien qu'on a revu les choses à la baisse, puisqu'il y aurait 1.000 euros puis le reste attribué selon des indicateurs qu'on ne connaît pas. On voit qu'on fait une première tentative de salaire au mérite. Il ne faudrait pas qu'on mette en concurrence une école en difficulté avec une autre école." Pas question d'instaurer une compétition, assure le ministère de l'Education Nationale. Des discussions s'ouvriront à l'automne avec les syndicats pour définir ses modalités.

P. G. avec Sophie Paolini