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Sylvie, agricultrice: "j'ai plaqué l'Éducation nationale pour élever des chèvres"

Alors que s'ouvre ce samedi le Salon de l'Agriculture, RMC a rencontré une ancienne enseignante qui n'a pas hésité à tout quitter pour réaliser son rêve: élever des chèvres. Reportage dans son exploitation de Haute-Marne.

C'est ce samedi que s'ouvre le Salon International de l'Agriculture, porte de Versailles à Paris. La plus grande ferme de France va à nouveau réunir agriculteurs, transformateurs, professionnels du secteur, restaurateurs et bien sûr, visiteurs. L'évènement, qui se déroule jusqu'au 5 mars, est l'occasion de découvrir les bons produits de nos régions mais aussi des agriculteurs passionnés par leur métier, et ce, malgré les crises des différents secteurs (lait, porc, viande...).

"Il faut y croire, même si vous êtes la seule à y croire"

RMC a rencontré en Haute-Marne, dans le village de Villemervry Sylvie Jacquinot, une agricultrice installée depuis deux ans avec ses chèvres. Cette ancienne institutrice de 40 ans a tout plaqué il y a deux ans pour réaliser son rêve: devenir éleveur de chèvres. Dans son exploitation, elle en élève 54 aujourd'hui. Ce troupeau, elle en rêvait depuis toute petite. Un rêve que ne partageaient pas ses parents. "Ils me disaient: 'tu réussis trop bien à l'école pour finir paysan'". Alors Sylvie va devenir institutrice. Pendant 12 ans, elle enseigne à des CM2 au Havre, avant de tout plaquer et d'emmener sa fille et son mari en Haute-Marne. "Il a fallu faire le grand saut, démissionner de l'Education nationale et accepter au départ de ne plus recevoir de salaire. Il faut y croire, même si vous êtes la seule à y croire".

"J'étais l'instit' qui allait élever trois chèvres dans le Larzac"

Car au départ, personne ne la prend au sérieux, particulièrement les banques. "Toutes les banques ont refusé de m'accorder un prêt. J'étais l'instit' qui allait élever trois chèvres dans le Larzac", ironise-t-elle aujourd'hui. C'est sur Internet, grâce à la plateforme MiiMOSA, un site de financement participatif pour les projets agricoles, que Sylvie va trouver les 15.000 euros indispensables pour monter son exploitation. Aujourd'hui, elle fabrique 90 fromages par jour qu'elle vend, entre autres, dans un magasin de producteurs locaux. Sylvie l'assure, elle se versera un Smic dans quelques mois. "Je ne regrette absolument rien", assure la jeune éleveuse, toute heureuse de sa "liberté".

P. Gril avec Charlotte Peyronnet