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En procès pour avoir accueilli des migrants: "Je n'ai pas à faire la différence entre blancs et noirs"

Il ne regrette rien et il l'a dit au tribunal. Cédric Herrou est sorti de son procès mercredi soir à Nice sous les acclamations d'une foule de 300 personnes. Cet agriculteur est poursuivi pour avoir accueilli et hébergé une centaine de migrants et risque la prison ferme.

C'est sous les acclamations d'une foule de 300 personnes venues pour le soutenir que Cédric Herrou est sorti du palais de justice de Nice, mercredi soir. Cet agriculteur est poursuivi pour aide à l'entrée et au séjour de personnes en situation irrégulière, après avoir hébergé plusieurs centaines de migrants sur le terrain de sa maison, à Breil-sur-Roya, près de la frontière italienne.

A sa sortie du tribunal, il s'est dit sur RMC satisfait d'avoir été "entendu", même s'il a été surpris par la virulence du procureur. "J'ai trouvé monsieur le procureur très offensif. Ce n'est pas à moi à faire une distinction entre noir et blanc, gens avec ou sans papiers. Moi mon métier c'est paysan, c'est donner à manger à des gens et c'est ce que je fais".

"Mon métier c'est de donner à manger aux gens et c'est ce que je fais"

Le Procureur accuse Cédric Herrou de violer volontairement la loi et de transporter ou d'héberger des migrants dans des conditions à la limite de l'indignité. Une accusation qui choque Michel Marsiglia, adjoint au maire de Breil-sur-Roya: "Le discours du procureur c'est le même que le Président du Conseil départemental (Christian Estrosi), c'est le même que le préfet. C'est artificiel, c'est complètement déconnecté de la réalité, de ce que vivent les gens et de ce qu'ils attendent"

Cédric Herrou risque huit mois de prison avec sursis, une peine bien trop sévère selon Hubert, un des témoins du procès: "Vous vous rendez compte, huit mois. Ça veut dire que s'il retrouve encore des personnes sur le bord de la route, il risque d'aller en prison ferme. C'est ahurissant, c'est scandaleux".

"On va continuer à aider les migrants"

Nathalie, une amie de Cédric, qui héberge elle aussi des migrants, assure de son côté qu'une condamnation ne changerait rien à la solidarité dans le village. "Même s'il est condamné ça ne va pas nous effrayer. On va continuer à aider les réfugiés car nous c'est notre quotidien. Demain ça recommence. Les gens ont besoin d'aide, point". Le verdict du procès de Cédric Herrou sera rendu le 10 février.

P. Gril avec Elodie Messager