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Entre présidentielle et risque d'attentat, l'été "un peu particulier" des politiques

A l'heure de partir en vacances, la crainte d'un nouvel attentat est dans la tête de tous les députés

A l'heure de partir en vacances, la crainte d'un nouvel attentat est dans la tête de tous les députés - AFP

Le gouvernement tient ce mercredi son dernier Conseil des ministres avant la trêve estivale. Une courte période de vacances pour les ministres, dans un contexte sécuritaire maximal. Dès lors, à l'heure du départ, la crainte d'un nouvel attentat est dans la tête de tous les députés.

Dans un contexte d'état d'urgence, un homme politique peut-il prendre des congés? "Oui", répond, sans hésiter, le député socialiste Alexis Bachelay depuis son lieu de vacances dans le sud-est. "On a le droit et le devoir de faire comme des millions de Français, de prendre du temps pour nos familles, nos amis, estime-t-il. Cela permet de aussi de reposer notre physique et notre mental qui ont été mis à rude épreuve depuis plusieurs mois".

En revanche, pour les ministres les plus concernés par la lutte contre le terrorisme, ces vacances ne seront pas de tout repos avec chaque semaine la réunion d'un conseil restreint de Défense à Paris. Et chaque jour, des entretiens téléphoniques avec le président François Hollande afin de faire le point sur la sécurité du pays. Jean-Yves Le Drian se limitera ainsi à des "week-ends prolongés". Même chose pour le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui restera dans sa maison dans l'Oise, à 45 minutes seulement en voiture de Paris.

"On reste sur le pied de guerre"

"Le niveau d'alerte et de vigilance est tel qu'il doit être plus que jamais sur le qui-vive, explique son entourage. Pour lui, ce ne seront pas de vraies vacances mais seulement quelques jours de repos". Pour François Hollande aussi, les vacances ne s'annoncent pas très reposantes. Jeudi et vendredi, le président s'envolera pour Rio pour assister à l'ouverture des JO. Deux jours de répit, loin de la France, avant de se replonger dans la gestion de l'après-attentat.

Mais, dès jeudi 11 août, une réunion ministérielle sur la sécurité se tiendra à l'Elysée. Une seconde aura lieu le 17 août, date à laquelle les vacances du président de la République prendront officiellement fin. Entre-temps, François Hollande effectuera un déplacement en Corrèze et prendra quelques jours de repos par-ci, par-là, dans un lieu tenu secret, précise-t-on dans son entourage. "L'été est un peu particulier, on attend de lui qu'il soit mobilisé, qu'il soit présent pour la sécurité des Français", raconte un proche qui ajoute: "On reste donc sur le pied de guerre tout le mois d'août".

NKM et Le Maire en campagne

Pas question, non plus, de s'éloigner trop de Paris pour les autres membres du gouvernement. Au cas où, certains s'engagent en effet à rester joignables et proches de la capitale. C'est le cas de François de Rugy, député écologiste: "Je reste en France métropolitaine pendant les vacances. J'avais déjà l'idée qu'on doit pouvoir rester joignable. Et cette année, c'est encore un peu plus vraie". Pour d'autres, vacances riment avec travail.

Alors que Ségolène Royal, ministre de l'Environnement, se rendra en Arctique dans le cadre d'une mission scientifique, le député Les Républicains Georges Fenech, par exemple, va rédiger tout l'été une proposition de loi sur la sécurité. "Ces vacances ne seront pas de vraies vacances pour tous ceux qui sont mobilisés, je parle des parlementaires que nous sommes. Nous allons rester très vigilants, même sur nos lieux de villégiature", assure-t-il. Et puis il y a ceux qui volontairement ne prennent pas de vacances. C'est le cas de Nathalie Kosciusko-Morizet ou Bruno Le Maire qui seront sur les routes tout le mois d'août. Déjà en campagne...

M. Ricard avec J-B Durand et E. Bertholomey