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Fermeture de Fessenheim: "nous ne lâcherons rien", affirme le maire

La centrale nucléaire de Fessenheim.

La centrale nucléaire de Fessenheim. - AFP

Le décret actant le principe de la fermeture de la centrale de Fessenheim a été publié ce dimanche au Journal officiel. Ségolène Royal avait assuré vendredi que ce décret, promesse phare de François Hollande, serait pris d'ici la fin du mandat de ce dernier.

Le décret sur la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim a été publié ce dimanche, dans le Journal Officiel. "L'autorisation d'exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim (...) est abrogée", prévoit l'article 1 du texte. Mais le décret stipule que cette autorisation sera abrogée "à compter de la date de mise en service de l'EPR de Flamanville", censée intervenir au plus tôt en 2019.

Interrogé par RMC, le maire de la ville, Claude Brender, exprime son mécontentement:

"On est un peu surpris, un peu en colère aussi. On voit bien que Mme Royal trépignait d’impatience pour prendre ce décret avant la fin du mandat en cours. Simplement, nous aussi on est dans les 'starting-blocks': on voit bien qu’elle ne lâche rien mais nous non plus, nous ne lâcherons rien, avec les syndicats et collectivités locales. On envisage un recours auprès du Conseil d’Etat, pour faire annuler ce décret".

Un processus "irréversible" selon Ségolène Royal

Ségolène Royal avait assuré vendredi que ce décret serait pris d'ici la fin du mandat de François Hollande et qualifié le processus d'"irréversible". La ministre de l'Ecologie a également assuré que cette fermeture n'entraînera "aucune suppression d'emplois par EDF car un vaste chantier industriel de démantèlement va pouvoir démarrer".

Mais les syndicats dénoncent une opération de communication préjudiciable aux salariés de l'énergéticien, la centrale alsacienne comptant environ 2.000 emplois directs et indirects. Le décret, reprenant les conditions entérinées par le conseil d'administration d'EDF jeudi, stipule que la fermeture effective de la centrale de Fessenheim, n'interviendra qu'à compter de la mise en service de l'EPR de Flamanville, en cours de construction dans la Manche.

Il lie en outre la fermeture à la nécessité de respecter le plafonnement de la capacité du parc de réacteurs nucléaires d'EDF à son niveau actuel de 63,2 gigawatts, fixé par la loi sur la transition énergétique.

Alexandra Milhat avec Romain Cluzel et AFP