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François de Rugy dans la tourmente: pas de sanction, mais une opération transparence lancée

Le ministre de la Transition écologique a été convoqué par Matignon jeudi soir pour s'expliquer sur les révélations de Mediapart. Il n'a pas été sanctionné mais reste dans la tourmente.

Les homards, les grands crus, les travaux dans son appartement de fonction, le HLM de sa directrice de cabinet et son appartement à Orveaux... Cela commençait à faire beaucoup et François De Rugy a donc été convoqué en urgence par Edouard Philippe, jeudi soir pour s'expliquer sur les révélations de Mediapart sur son train de vie.

Le rendez-vous d'explication a duré une demi-heure à Matignon. Au final, pas de sanction pour le ministre, mais une grande opération transparence. Dès ce vendredi, le secrétaire général de l'Elysée va diligenter une première enquête pour vérifier que les 63.000 euros de travaux réalisés dans son appartement de fonction au ministère respectent bien toutes les règles.

Il s'engage à rembourser "chaque euro contesté"

Deuxième enquête, plus délicate, elle concerne cette fois les dîners organisés par le couple lorsque François de Rugy était président de l'Assemblée nationale.

Le ministre se dit prêt à soumettre tous les documents nécessaires aux autorités de contrôle de l'Assemblée. S'il restait la moindre ambiguïté, François de Rugy s'engage à rembourser "chaque euro qui sera contesté".

La majorité ne comprend pas qu'il soit maintenu à son poste

Le ministre sauve donc sa place au gouvernement, une décision pas forcément comprise au sein de la majorité. C'est surtout l'attitude de François de Rugy qui ne passe pas. "On attend encore son mea culpa", nous expliquait un député très remonté.

Certains espéraient secrètement que le ministre s'en aille de lui-même. "C'est très risqué de le garder", nous disait un autre, parce que cette affaire n'est peut etre pas terminée.

Ce que tous redoutent, c'est le retour sur le terrain, dans leur circonscription. "C'est nous, les députés de la base qui allons le payer", s'agace un député. Plusieurs réclament d'urgence une nouvelle réforme des dépenses de l'Assemblée nationale.

Juliette Droz (avec James Abbott)