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Grève des contrôleurs: nouvelles négociations la semaine prochaine, une grève possible à Noël?

Avec près de 60% des trains annulés en France ce weekend, résultant d’une grève des contrôleurs SNCF, la direction de la société a affirmé vendredi soir que de nouvelles discussions allaient avoir lieu avec les syndicats.

Week-end compliqué dans les gares françaises: une grève lancée par un collectif de contrôleurs a contraint la SNCF à annuler 60% de ses TGV et Intercités de vendredi à dimanche, et laisse craindre de nouvelles perturbations lors des fêtes de fin d'année.

Vendredi soir, la direction de la SNCF a indiqué à l'AFP que "de nouvelles rencontres" étaient "prévues la semaine prochaine, dans le cadre du dialogue engagé depuis des semaines avec les organisations syndicales au sujet des chefs de bord".

De leur côté, les syndicats SUD Rail et CFDT ont évoqué une "réouverture des négociations", annonçant une "table ronde spécifique le jeudi 8 décembre", dans un communiqué.

"Cela ne change rien à la grève du week-end", a toutefois précisé à l'AFP Erik Meyer, secrétaire fédéral de SUD Rail.

Les contrôleurs, officiellement appelés chefs de bord à la SNCF, ont décidé de cesser le travail pendant tout le week-end, avec une "reprise progressive" envisagée lundi, pour réclamer une meilleure reconnaissance de leur statut. L'axe Atlantique est particulièrement touché, avec seulement 1 TGV sur 4, comme pour les Ouigo.

Sentiment de maltraitance

Invité de la Matinale Week End sur RMC, Fabien Villedieu, délégué syndical de Sud Rail, explique que “la direction n’a pas véritablement vu la colère qu’il y avait chez les contrôleurs. Mais je pense que là, ce weekend, elle s’en rend compte”.

Avec près de 80% de grévistes parmi les effectifs de contrôleurs, ces derniers dénoncent “un manque de considération très profond” de la part de leur direction.

Parmi leurs demandes, “il y a des mesures très concrètes en termes de rémunération. Il y a des mesures en termes de conditions de travail, mais je pense qu’au-delà de tout ça, il y a un manque de considération. (...) J’ai des collègues qui m’expliquent qu’ils se sentent déconsidérés, certains me disent même qu’ils se sentent maltraités par la SNCF”, développe Fabien Villedieu.

Pour la direction et les syndicats, la situation devient désormais urgente. Alors que les vacances de Noël débutent d’ici deux semaines, deux autres préavis de grève ont été déposés par les syndicats de cheminots, pour les jours à venir.

“Mercredi prochain c’est la NAO, la négociation salariale obligatoire, qui concerne tous les cheminots de la SNCF. (...) Elle avait prévu de les faire en deux jours, le 7 et le 15, et finalement elle va tout rassembler car elle commence à se rendre compte du malaise profond qu’il y a à la SNCF, notamment sur la question des salaires”, décrit Fabien Villedieu.

Une menace sur Noël?

La direction de SNCF Voyageurs dit avoir proposé "une augmentation de la prime de travail de 600 euros par an pour tous les chefs de bord", une intégration "partielle" de celle-ci "au salaire fixe en 2024", "l'accélération de la progression de la rémunération" et "le passage à deux chefs de bord par rame pour tous les TGV Inoui d'ici trois ans".

Des propositions qui n'ont pas calmé la mobilisation. "On n'est pas des révolutionnaires, mais il nous faut du concret", assure Nicolas Limon, l’un des six membres fondateurs du Collectif national ASCT (CNA), lancé en septembre sur Facebook et à l’initiative du mouvement de contestation.

"Les mesures annoncées sur un certain nombre de points vont dans le bon sens", tempèrent dans un communiqué SUD-Rail et la CFDT Cheminots, mais "les réponses concernant la reconnaissance du métier et sa valorisation", ainsi que les propositions "sur le déroulement de carrière n'ont pas été jugées satisfaisantes".

Les syndicats, en soutien du collectif, ont déposé un préavis de grève pour les week-ends de Noël et du Nouvel An afin de mettre la pression sur la SNCF mais "on fera le maximum pour qu'il n'y ait pas de grève à Noël", a promis Nicolas Limon.

Alexis Lalemant avec AFP