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Grève à la SNCF: les commerçants s'inquiètent de l'affluence pour ce mois crucial

Une grève des chefs de bord de la SNCF va fortement impacter le trafic sur les lignes TGV et Intercités, ce week-end et d'autres préavis ont été déposés pour plusieurs week-ends du mois de décembre. Face à ces annonces, alors qu'ils s'attendaient à un bon mois, les commerçants sont inquiets. Décembre représente, pour la majorité, la période la plus importante de l'année.

Nouveau coup dur pour les commerçants. À trois semaines de Noël, l'annonce d'un mouvement de grève des chefs de bord de la SNCF tombe mal. Ce week-end, le trafic va être fortement perturbé sur presque l'ensemble du pays. Concrètement, 60% des TGV et Intercités sont annulés entre ce vendredi et dimanche.

Au marché de Noël de Strasbourg, le plus grand de France et l'un des plus réputés d'Europe, les vendeurs sont inquiets. Après plusieurs années difficiles entre les attentats, le covid et les Gilets jaunes, ils s'attendaient à réaliser un bon chiffre. 2,5 millions de visiteurs étaient attendus et les prévisions à l'ouverture, il y a une semaine, étaient excellentes.

"Malheureusement les grèves ça va mettre un gros coup de frein, je pense. Il y a beaucoup de gens qui viennent du sud de la France, de Bretagne, de Paris, par le train", déplore Carla, une commerçante.

"On va encore nous mettre des batons dans les roues"

Les hôtels ont déjà reçu des premières annulations jeudi, juste après l'annonce de la grève. Les autres préavis, notamment celui déposé pour le week-end de Noël pourrait bien décourager les visiteurs. "J’hésite à me déplacer en train maintenant, je pensais que c’était plus économique, plus pratique, mais finalement je crois que je vais prendre ma voiture", affirme d'ailleurs une cliente.

Les commerçants avaient pourtant ouvert leurs chalets avec l’espoir de retrouver le succès habituel et les 250 millions d’euros de retombées pour tout le territoire. "C’était enfin une année assez claire pour tout, finalement on va encore nous mettre des bâtons dans les roues", se désole Auréline.

Il faut dire que les dernières années ont été bien compliquées, excepté le mois de décembre 2020. "Il faisait suite à ce confinement du mois de novembre et donc les gens ont eu envie de consommer et ils étaient présents dans nos commerces, ça a été une très bonne chose", rappelle Denis Favier, vice-président de la Camf (association des Commerçants et Artisans des Métropoles de France), invité sur RMC ce vendredi.

Un mois crucial pour les commerçants

En revanche, l'année dernière, il y a eu une grosse vague de covid et cette année, ce sont les grèves. Le problème c'est que pour ces commerçants, le mois de décembre est le plus gros de l'année.

"C'est le mois de la trésorerie, le plus important pour une grande majorité. Or, je rappelle qu’il y a, en ce moment, les PGE (prêts garantis par l’État) à rembourser et pour certains, ça devient compliqué parce que cette trésorerie a été mise à mal pendant plusieurs mois de décembre", poursuit-il.

Pour ceux qui ont une boutique dans les très grandes villes, cela va être encore plus difficile. "Ces commerces-là attirent le monde du 'grand extérieur' c'est-à-dire de la région entière, voire au-delà, et ces personnes ne peuvent venir que les samedis et les dimanches. Or, si la SNCF fait grève les week-ends, cela risque de poser de gros problèmes", conclut Denis Favier.

Les chefs de bord, appelés souvent "contrôleurs", demandent un statut similaire à celui des conducteurs, mais aussi des augmentations de salaire et ils dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail.

AB avec Nicolas Traino