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"J’existe, regardez-nous, intéressez-vous à nous": ce qu’écrivent les "gilets jaunes" dans les cahiers de doléances des mairies

Valik Berberian, président de l'association des maires ruraux de France, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin ce lundi pour évoquer cette initiative lancée ce week-end qui va se poursuivre cette semaine.

L'Association des maires ruraux (AMRF) et celle des petites villes de France (APVF) ont demandé à leurs élus (environ 11.000 maires) d'ouvrir leurs mairies samedi, pour permettre à chacun "d'exprimer" sa colère. De nombreuses mairies ont ainsi accueilli ces personnes et ouvert des cahiers de doléances et de propositions afin d'améliorer le quotidien des Français.

Un succès selon le président de de l'AMRF, invité de Bourdin direct ce lundi matin. Au micro de RMC, il explique qu'un grand nombre des personnes venues étaient des personnes que les élus n'avaient pas l'habitude de voir.

Une manière de dire "j’existe, regardez-nous, intéressez-vous à nous"

"Il y a un besoin d’exprimer les choses, beaucoup de monde s’est déplacé dans les mairies pour écrire. On a vu de gens qu’on n’a pas l’habitude de voir. C’est ça aussi qui est important. il y a ceux qu’on entend régulièrement dans les médias, ceux qui ont une facilité d’élocution, et il y a ceux qui ont du mal, qui n’osent pas, et ces gens-là sont venus."

Selon lui, le succès de cette opération qui va se poursuivre durant la semaine est une manière de dire "j’existe, regardez-nous, intéressez-vous à nous". 

"Il faut changer ce modèle où l’urbain a primé sur tout le reste depuis trente ans"

"Je crois qu’une des difficultés c’est que les territoires ruraux sont assez méconnus dans leur fonctionnement, dans leurs particularités. J’entendais un “gilet jaune” sur une radio dire qu’en Creuse on pouvait vivre avec 800 euros mais pas dans les villes. Dire ça, c’est méconnaître la réalité du monde rural. La première des revendications c’est effectivement le pouvoir d’achat."

Le temps est maintenant au dialogue et s'il faut des réponses urgentes à la crise actuelle, Emmanuel Macron devra également songer à une refonte de la stratégie pour les territoires ruraux délaissés.

"Il faut changer ce modèle où l’urbain a primé sur tout le reste depuis trente ans. Je vais dire à Emmanuel Macron a une responsabilité historique. Il faut faire en sorte que le climat s'apaise. Le président a besoin des citoyens. pour arriver à un climat il faut des actes et une méthode. Il y a un changement de paradigme sur la manière de faire qui est indispensable. les territoires ont été largement oubliés."
J.A. avec Bourdin direct