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"L'école n'est pas un marché": mobilisation à Sarcelles contre des suppressions d'heures de cours

A Sarcelles, des parents d'élèves et des profs se sont mobilisés mercredi contre des heures de cours supprimées à la rentrée prochaine. Le député et ancien maire de la ville François Pupponi, soutien d’Emmanuel Macron, a promis de les soutenir.

"L'école n'est pas un marché". Voilà ce qu'on pouvait lire sur les pancartes des parents et des profs qui étaient rassemblés mercredi matin devant le collège Jean Lurçat à Sarcelles (Val-d’Oise), où le rectorat menace de supprimer 51 heures de cours à la rentrée prochaine.

"L’avenir de nos enfants a-t-il un prix?"

Au début de l'année scolaire, chaque collège dispose d'une dotation horaire pour l'année: un nombre d'heures de cours global pour organiser les enseignements obligatoires et les options. Moins d'heures, cela équivaut potentiellement à des fermetures de classes, des classes plus chargées, moins de possibilités d'organiser des demi-groupes, moins d'accompagnement personnalisé ou de clubs culturels par exemple.

"Ce n’est pas en enlevant des aides en REP+ (Réseau d'éducation prioritaire, ndlr) qu’on pourra avoir des résultats corrects. Tout est une question d’économie. On nous enlève des heures car il y a moins d’argent. Mais l’avenir de nos enfants a-t-il vraiment un prix?", se demande Sarah, dont les filles sont en 4e dans ce collège, au micro de RMC.

"On ne va pas les laisser faire"

Sa colère est partagée par les enseignants. "En classe, on a besoin de passer voir chacun des élèves. Avec moins d’heures, ce sont plein d’élèves qui ne seront pas en activité, qui vont attendre que ça se passe, qui vont perdre du temps et se sentir de plus en plus perdu", prévient Camille Ribon, professeure de français au collège Jean Lurçat.

"Il y a un mépris total envers les enfants, leurs parents et les professeurs. On n’écoute pas du tout notre parole mais nous ne sommes pas résignés. Même s’ils nous méprisent (l’Education nationale) et qu’ils nous répondent à peine, on ne va pas les laisser faire", poursuit-elle.

Une tournure politique

La mobilisation des parents et des profs a pris une tournure politique avec l'ancien maire de la ville François Pupponi, aujourd’hui député (Mouvement démocrate). Alors qu’il passait devant le collège mercredi pour distribuer des tracts pour Emmanuel Macron en vue du deuxième tour de l’élection présidentielle, la discussion a viré à la foire d'empoigne avec les manifestants. Cette discussion tendue a néanmoins été utile, puisque le député, visiblement pas au courant de ce problème, s'est engagé à faire bouger les choses.

"Je découvre par hasard que le rectorat aurait décidé de diminuer les heures. On ne peut pas dire que notre priorité, c’est l'éducation dans les quartiers et dans le même temps, voir que des fonctionnaires, en pleine campagne électorale, décident de faire le contraire. Ce n’est pas acceptable. On a appelé le cabinet du ministre de l’Education et le rectorat", a réagi François Pupponi, toujours auprès de RMC. Il s’est également engagé à venir soutenir le mouvement jeudi matin devant le collège.

Lors de la réunion organisée mercredi soir, la direction académique n’a rien lâché. Dans un mail, l'académie a expliqué que, selon ses prévisions, les effectifs d'élèves allaient baisser à la rentrée et que le collège aurait toujours plus de moyens que la moyenne dans le département.

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Marie Dupin et l'équipe de "RMC s'engage pour vous"