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"Les enfants font du stop": la pénurie de chauffeurs prive de bus des collégiens

En raison de la pénurie de chauffeurs de bus, des collégiens de Seine-et-Marne sont livrés à eux-mêmes à la sortie des cours. Certains font du stop, d'autres "errent" dans les rues des villages. Et le transporteur ne prévoit pas de retour à la normale avant l'année prochaine.

Anne est une maman qui travaille beaucoup. Elle enchaîne deux boulots et depuis la rentrée, elle fait aussi office de chauffeur pour son fils aîné, Louis, et ses copains, en classe de 6e au collège de Villeneuve-sur-Bellot, en Seine-et-Marne. L’établissement se trouve en pleine campagne, à 15 kilomètres de chez elle. Il est normalement desservi par les lignes de bus 34 et 34 S3.

Sauf que depuis la rentrée, les bus ne passent plus, ou alors au compte-gouttes. S’ils ont de la chance, les collégiens ont droit à un bus le matin et un le soir. Mais à des horaires qui ne correspondent pas toujours à leur emploi du temps.

Pénurie nationale de chauffeurs

Et les familles sont prévenues, à chaque fois, à la dernière minute. "On ne comprend pas pourquoi ce sont nos enfants qui sont lésés. On préférerait qu’ils ne fassent pas passer les bus pour les adultes qui vont au travail par exemple, qui peuvent avoir une solution, et privilégier nos enfants qui arrivent en retard, ratent des heures de cours le matin et le soir pour pouvoir être ramenés chez eux", appelle-t-elle.

De leur côté, les élus se démènent. Ils ont fait remonter le problème à la sous-préfecture, au département, à la région et bien sûr à Transdev, qui gère ces deux lignes. Le transporteur explique la situation par la pénurie de chauffeurs qui frappe la France et plus fortement encore l'Île-de-France.

"Cela met en insécurité énormément de gamins"

Un argument insuffisant pour Edith Théodose-Poma, le maire de Saint-Cyr-sur-Morin, une commune de 2.000 habitants qui se trouve sur les deux lignes impactées: "Là où c’est grave, c’est que ça met en insécurité énormément de gamins. On a des enfants qui font du stop sur le bord des routes, errent dans les villages. On a des parents qui prennent d'autres enfants dans leur voiture sans assurance. On a plein de problèmes préoccupants et pour lesquels on voudrait une résolution rapide".

Vendredi dernier, après leur mobilisation, les élus des communes concernées ont été reçus par Transdev. 

Contacté par RMC, le transporteur reconnaît pleinement les perturbations sur ces deux lignes et s’en excuse auprès de ses clients. Mais pour l'instant, sa marge de manœuvre est très réduite car la pénurie de chauffeurs touche tous les opérateurs. Impossible donc de sous-traiter par exemple.

Une offre "allégée" mais "plus stable" après la Toussaint

Transdev, qui espère un retour à la normale en début d’année prochaine, s’engage toutefois à rétablir une offre "allégée" mais "plus stable" après les vacances de la Toussaint. 

Aujourd’hui, tous les transporteurs de la région doivent être reçus par Valérie Pécresse, la présidente d’IDF Mobilités, qui entend leur mettre un coup de pression, nous dit-on en interne. Clément Beaune, le ministre délégué chargé des Transports, n'a lui pas répondu à nos sollicitations. Pour rappel, il manquait, à la fin de l’été, plus de 4.000 conducteurs de bus sur tout le territoire.

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Amélie Rosique, Elise Denjean, Joanna Chabas