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Listes communautaires aux municipales: "Il faut se présenter sur un programme et pas sur sa religion"

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Le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau souhaite faire interdire les "listes communautaristes" aux élections municipales. RMC s'est rendue à Garges-les-Gonesses où l'Union démocrate des musulmans de France a fait 7,43% des voix aux dernières élections européennes.

"Il faut interdire les listes communautaristes" aux élections municipales. C'est le message de Bruno Retailleau, le président du groupe les Républicains au Sénat paru dimanche dans le JDD. Il a annoncé déposer prochainement une proposition de loi pour interdire les listes qu'il juge communautaristes, comme les listes qui seront présentées par l'Union démocrate des musulmans de France.

Un parti, qui, déjà candidat aux européennes n'avait réuni que 0,13% des voix à l'échelle nationale. Un score minuscule, sauf que dans certaines villes le parti a réalisé des scores honorables (autour de 6 ou 7%), notamment à Garges-les-Gonesses où le parti a rassemblé 7,43% des voix.

Jawad, étudiant en informatique, n'exclut pas de voter pour l'Union des démocrates musulmans: "Je pense que tout le monde est en droit de se présenter puisque des gens qui revendiquent ouvertement être chrétien se présentent".

Mais pour Franck, habitant de Garges depuis plus de 40 ans, une telle liste n'a pas sa place aux municipales: "Il faut se présenter en fonction de son programme et pas de sa religion. C'est clairement du communautarisme. Ils devraient représenter tout le monde, parce que là en voulant que les musulmans votent pour lui, c'est du parti pris".

"Ce n'est pas un parti confessionnel"

Dans cette ville, le parti de l'Union des démocrates musulmans a prévu d'investir un candidat dont on ne connaît pas encore le nom. Un parti, qui, selon son président n'est pas dédié qu'à l'islam: "Ce n'est pas un parti confessionnel. C'est un parti qui a bien compris que le musulman était devenu une proie électorale dans notre pays et qu'il fallait avant tout travailler sur la citoyenneté de tout un pan de la communauté qu'on n'a pas encore intégré", explique Najib Azergui.

Le mouvement doit désigner dans les prochaines semaines une cinquantaine de têtes de liste.

Cyprien Pézeril et Valentine Rault