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Manifestation anti-migrants: "Je n'ai aucun rapport avec Pegida", se défend Piquemal

Après son arrestation très médiatisée lors d'une manifestation hostile aux migrants, samedi à Calais, le général Piquemal sort du silence. Et il déplore le fait d'avoir été "assimilé" au mouvement islamophobe, qui avait appelé à maintenir le rassemblement, en dépit de l'interdiction préfectorale. "Nous n'avons aucune relation", s'est-il défendu, ce mardi sur RMC.

Depuis qu'il a été arrêté à Calais, lors d'une manifestation hostile aux migrants, le général Christian Piquemal n'en finit pas de faire parler de lui. Ancien combattant de la Légion étrangère, il est suspecté d'avoir eu le "rôle principal" dans cette manifestation, pourtant interdite par la préfecture.

Alors qu'il avait appelé, dans un communiqué publié sur le site islamophobe Riposte laïque, "tous les Patriotes et associations patriotiques à se joindre" au mouvement, ce mardi, sur RMC, le général quatre étoiles se défend d'avoir voulu manifester.

"J'avais prévu de participer, non pas à la manifestation, mais à un rassemblement, qui devait se faire à quelques centaines de mètres du point de départ de la manifestation", nuance-t-il. "Etant donné que l'on savait que j'allais venir, on m'a tendu des micros et cela a fait monter un petit peu la température".

"On a assimilé ma présence à celle de Pegida"

Pour lui, d'ailleurs, "il n'y a pas eu de manifestation":

"Elle était interdite, elle reste interdite. Donc ma présence, c'est vrai, a donné sur les lieux une certaine tonalité, qui n'était pas forcément la meilleure", regrette-t-il. "On a assimilé ma présence à celle de Pegida, avec lequel je n'ai aucun rapport, et avec lequel nous n'avons aucune relation".

La branche française du mouvement islamophobe né en Allemagne à l'automne 2014 avait appelé à maintenir la manifestation, en dépit de l'interdiction préfectorale.

"Pour moi, le fait d'être présent à Calais, ça me permettait aussi, en tant que président d'un cercle citoyen patriote qui défend les valeurs de la France, de voir un peu cette situation, qui pour moi n'est pas acceptable", se justifie-t-il. "Je voulais, sur place, me rendre compte effectivement de la réalité de la Jungle de Calais, qui est quand même quelque-chose auquel la France doit trouver une solution très rapidement".

"J'ai été appréhendé alors que j'étais de dos"

Sur une vingtaine d’interpellés, cinq sont poursuivis pour avoir porté des armes. Le général Piquemal, lui, comparaît pour "participation à un attroupement qui ne s’est pas dissous après sommation".

"Faux, je réfute totalement", répond-il tout de go. "Après la deuxième sommation, j'ai donné à mes gens l'instruction à mes gens de se disperser et j'ai été appréhendé alors que j'étais déjà de dos. Je quittais la manifestation", assure-t-il. "Les photos, les vidéos sur place, le prouvent parfaitement".

Et de conclure: "l'intention délibérée était de m'appréhender parce que l'on savait que j'étais une cible, une figure emblématique".

C. P.