RMC

Ministère dédié et formation des citoyens: les pompiers réclament plus de moyens

Sollicités tout l'été sur le front des incendies, les pompiers ont également vu leurs missions se multiplier avec la fermeture de certains services d'urgence. Aujourd'hui, ils réclament plus de moyens financiers pour recruter, mais aussi un ministère dédié à leur mission, qui permettrait en plus de former et informer les citoyens aux bons réflexes en cas de catastrophe majeure.

Pompiers cherchent volontaires. Après un été éprouvant marqués par de nombreux incendies, les soldats du feu veulent profiter du 128e congrès des sapeurs-pompiers, qui s'est ouvert ce mercredi à Nancy, pour réclamer davantage de moyens et des embauches.

Car les missions se sont multipliées. "Jusqu'ici, nous n'étions pas en rupture capacitaire, mais aujourd'hui, avec les feux, les missions d'urgence aux personnes qui ont augmenté avec la fermeture des services d'urgence, il y a une évolution des missions", alerte ce jeudi sur RMC, Grégory Allione, le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers.

Un ministère dédié?

Une évolution et une augmentation des missions qui ne pourraient se combler que par le recrutement. Grégory Allione estime qu'il y a besoin, d'ici 2027, de 50.000 pompiers professionnels, contre 41.800 aujourd'hui, et 250.000 pompiers volontaires, contre 198.000 actuellement.

Et pour coordonner toutes les missions des soldats du feu, le président de la Fédération plaide pour la création d'un ministère dédié. "Aujourd'hui, ce sont les collectivités qui sont le bras armé financier de nos services. Nous demandons la création d'un ministère de la Protection civile et de la gestion des crises, pour que la protection civile fasse partie intégrante de l'ADN de notre société, comme dans de nombreux pays", explique Grégory Allione.

"Éduquer, informer et former les citoyens"

Pour lui, ce ministère doit permettre d'éduquer et former les citoyens, qui prennent encore trop de risques lors des incendies ou des inondations.

"Il faut renforcer le service public parce que le dérèglement climatique et les transformations sociétales sont là. Mais il faut aussi éduquer, informer et former les citoyens, pour qu'ils fassent face à l'ensemble des risques auxquels nous sommes confrontés et qu'ils soient la première réaction de la protection civile", plaide Grégory Allione.

Au rayon des bonnes nouvelles, il se félicite de l'évolution toute récente de l'indemnisation des pompiers volontaires, qui vient d'augmenter. Grégory Allione appelle le gouvernement à continuer l'effort structurel en aidant et finançant encore plus les services départementaux, qui financent eux-mêmes les pompiers-volontaires.

"Nous avons besoin d'investissement et de main d'œuvre. Aujourd'hui, il y a une forte sollicitation opérationnelle et il faut accompagner ce modèle de protection civile qui est performant mais au bord de la rupture", conclut-il.

Guillaume Dussourt