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"On se bat pour le maintien du site de Marseille", l'usine de Saint-Louis Sucre est menacée

Le premier groupe mondial, l’allemand Südzucker, va déclencher un plan de sauvegarde de l’emploi qui prévoit la fermeture programmée de deux usines de sa filiale française Saint-Louis Sucre. Des fermetures sous fond de crise mondiale du marché du sucre et qui impacteront aussi fortement les producteurs français de betteraves.

Le premier groupe mondial, l’allemand Südzucker, va déclencher aujourd’hui un plan de sauvegarde de l’emploi qui prévoit la fermeture programmée de deux usines de sa filiale française Saint-Louis Sucre. 

À Cagny dans le Calvados 74 des 82 postes doivent être supprimés dans un premier temps. La sucrerie d'Eppeville (Somme) verrait en revanche 48 des 126 salariés du site maintenu. En tout le plan prévoit la suppression de près de 130 postes sur les 723 de la branche française du groupe.

Des fermetures sous fond de crise mondiale du marché du sucre et qui impacteront aussi fortement les producteurs français de betteraves. À Marseille ce ne sont que 5 postes qui seraient conservés sur 58. Dans cette usine historique de la ville, Fabien Trujillo, délégué CGT ne peut se résoudre à la fermeture.

"Nous, on se bat pour le maintien du site de Marseille. Un site polyvalent qui est à la fois capable de traiter de la canne à sucre et de la betterave. Nous, on repart de ce postulat pour dire que le site à de l’avenir. Après on n’est pas marié à Saint-Louis Sucre et Südzucker. Si eux veulent lâcher l’outil et qu’il a des repreneurs qui sont susceptibles de reprendre l’outil de production, nous, on n’est pas fermé à ça. L’essentiel, c’est de maintenir les emplois, l’activité industrielle sucrière et voilà pourquoi on se bat", explique-t-il.

45.000 agriculteurs affectés

La décision du groupe Südzucker devrait aussi impacter toute la filière betteravière en France comme le rappelle la sénatrice marseillaise Samia Ghali.

"Il faut savoir que Südzucker aujourd’hui ferme Marseille pour protéger la production en Allemagne et laisser ouvertes ses usines en Allemagne. Marseille en réalité, c’est juste le démarrage. Ça touchera 45.000 agriculteurs en France qui cultivent de la betterave si la filière sucre française perd de son envergure. Et c’est ce qui est en train de se passer", affirme la députée PS. 

Les cours du marché du sucre se sont effondrés ces dernières années à la suite d’une surproduction mondiale.

Lionel Dian avec Guillaume Descours