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Pas d'état de grâce pour Macron: "les deux derniers présidents ont mis le doute dans l'esprit des Français"

Emmanuel Macron obtient la confiance de 45% des Français, quelques jours après son arrivée à l'Elysée, selon un baromètre Elabe pour Les Echos et Radio Classique publié ce jeudi. Une cote de confiance nettement moins forte que celle de ses prédécesseurs à la même époque. Le signe que les Français sont plus méfiants que par le passé.

Pas d'état de grâce pour Emmanuel Macron. Moins d'une semaine après son investiture, 46% des personnes interrogées disent ne pas faire confiance au nouveau chef de l'Etat pour affronter les problèmes du pays, selon une enquête Elabe pour Les Echos et Radio classique publiée ce jeudi. La cote de confiance d'Emmanuel Macron (45%) est nettement moins élevée que celles de ses prédécesseurs au lendemain de leur investiture: François Hollande était crédité de 58% en mai 2012 et Nicolas Sarkozy de 59% en juin 2007.

Emmanuel Macron paie, semble-t-il, la nomination de son Premier ministre et une certaine incertitude des électeurs sur le programme qui sera appliqué. Le signe aussi peut-être que les Français sont aujourd'hui plus méfiants que par le passé. La preuve, Eliane se montrer très prudente et attend de voir ce que le nouveau président de la République va faire: "Je ne fais pas confiance comme ça. Le doute est permis. Il n'y a aucune certitude pour rien. Il était arrivé comme ça… Donc j'attends".

"Les Français veulent qu'il fasse ses preuves"

Une attitude partagée par Emmanuel qui reste, lui aussi, plutôt sceptique: "Les deux derniers présidents ont un peu mis le doute dans l'esprit des Français. Mais, maintenant qu'on l'a élu, il faut quand même lui laisser sa chance". La cote de confiance d’Emmanuel Macron est certes plus faible que celle de ses prédécesseurs à la même époque mais pour le politologue Bruno Cautrès elle pourrait vite remonter. "Je pense qu'aujourd'hui il y a une attente. Les Français veulent qu'il fasse ses preuves. Il y a donc un vrai challenge: partir d'un niveau de popularité assez tiède pour le transformer en une véritable adhésion".

De son côté, Isabelle Veyrat-Masson, politologue au CNRS, explique cette faible cote de popularité par le fait que les Français semblent un peu désorientés par ce président et son nouveau gouvernement. "Il y a une inquiétude autour de ce qu'il est, de ce qu'il pourrait faire parce qu'il n'est pas porté par un parti ou peut-être parce qu'il n'est pas assez connu, estime-t-elle. Le fait qu'il ne soit ni à droite, ni à gauche ou à la fois à droite et à gauche tout en nommant un Premier ministre de droite n'a pas forcément plu. On est donc dans un temps suspendu qui serait plutôt de l'ordre de l'inquiétude que de l'enthousiasme".

M.R avec Nicolas Ropert