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RATP: les démissions de conducteurs de bus en très forte augmentation

Depuis 2018, la RATP voit fortement grandir le nombre de conducteurs de bus qui démissionnent. Ils étaient 160 à avoir déposé leur démission en 2018, puis 290 en 2021 et 170 rien que pour le premier semestre de 2022. Une situation qui est liée aux conditions de travail et à l'ouverture prochaine à la concurrence sur certains axes.

La RATP est confrontée à une vague de démissions. Selon des chiffres obtenus par RMC, le nombre de conducteurs de bus ayant démissionné a quasiment doublé depuis la crise sanitaire. Ils étaient 160 à avoir démissionné en 2018 et 290 en 2021. Et la situation s'aggrave. L’année 2022 est partie sur une dynamique encore pire, avec 170 démissionnaires rien que pour le premier semestre.

Les conducteurs de bus ont notamment du mal à accepter les changements de conditions de travail dues à l'ouverture prochaine à la concurrence, prévue le 1er janvier pour les bus et les tramways. La RATP doit s'adapter pour gagner en compétitivité face à ses concurrents, Keolis et Transdev. Résultat, les salariés se plaignent de primes supprimées et de charges de travail supplémentaires insuffisamment compensées. D'autant que le taux d'absentéisme important, héritage de la période Covid, rend les plannings particulièrement difficiles à tenir.

Après 15 ans derrière un volant de bus, Fabrice a démissionné vendredi dernier de la RATP. Heureux de quitter la région parisienne et ses bouchons.

“Je suis soulagé. Je n’ai pas eu de mal à retrouver du boulot ailleurs. C’est vraiment le fait de travailler à la RATP dans une circulation dense, une population énervée, un management qui soutient de moins en moins ses agents, qui fait que je préfère aller travailler dans une autre entreprise”, explique-t-il.

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Une campagne de recrutement réussie, selon la RATP

La RATP n'est bien sûr pas la seule entreprise d'Île-de-France confrontée à l'exode de ses salariés, mais ses démissionnaires pointent aussi du doigt des conditions de travail et de salaire qui se dégradent à l'approche de l'ouverture à la concurrence.

“Après onze ans de société, j’étais à 1.800 euros net en lissé sur l’année en travaillant les jours fériés, les week-ends, à des heures pas possible…”, indique Sébastien, qui a démissionné cet été.

“Arrivé en terminus, vous n’avez pas le temps pour aller aux toilettes, boire un café. Les régulateurs vous disent, ‘vous repartez’. Et donc il est arrivé d’avoir des journées de sept heures où vous comptez les pauses en maximum dix minutes sur la journée entière”, assure-t-il.

La direction de la RATP répond que ces démissions représentent une toute petite part des effectifs et que la campagne de recrutement lancée à la rentrée est réussie, preuve selon elle que le métier reste attractif.

Victor Joanin avec Guillaume Descours