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Grève RATP: "Nos salaires ont augmenté mais pas de 5%", assure un chauffeur de bus

Une nouvelle grève d'ampleur à la RATP paralyse les transports parisiens, ce jeudi. Les grévistes réclament une augmentation des salaires, tandis que la direction assure les avoir déjà augmentés de 5%.

Nouvelle journée de mobilisation pour les salaires, ce jeudi. A Paris, les transports sont presque totalement à l'arrêt en raison d'une grève fortement suivie à la RATP, à l'appel de l'intersyndicale. Cinq lignes de métro sont fermées, tandis que neuf sont ouvertes uniquement aux heures de pointe. Seules les deux lignes automatiques fonctionnent presque normalement.

Une nouvelle grève qui signifie galère pour les usagers. Et qui fait pester les plus libéraux: "Ils se mettent en grève un jeudi, veille de jour férié, comme ça ils ont quatre jours de week-end. Pour moi, c’est plutôt SOS fainéants en détresse", peste sur le plateau des "Grandes Gueules" l'avocate Sarah Saldmann, qui raconte avoir peiné à trouver un taxi ce jeudi.

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"Nos salaires ne vont pas augmenter, par contre on a augmenté d'une heure notre service"

De leur côté, les syndicats plaident pour une augmentation des salaires. La direction de la RATP assure les avoir déjà augmentés de 5% environ, en lien avec l'inflation: "Mon salaire c'est 1.600 euros. On a été légèrement augmenté mais pas de 5%, ce n'est pas vrai", dément sur RMC et RMC Story Mathieu, conducteur de bus à la RATP dans le Val-de-Marne.

Autre cheval de bataille des syndicats, les conditions de travail des conducteurs de bus et de métro, alors que le service s'est dégradé en raison d'un manque de personnel. "Nos salaires ne vont pas augmenter, par contre on a augmenté d'une heure notre service. Île-de-France Mobilités a racheté tous les dépôts de bus et dans deux ans, quand la concurrence arrivera, ils vendront les chauffeurs de bus à la concurrence", assure Mathieu, qui estime que le service n'est "pas prêt de s'arranger".

"Vous allez nous faire pleurer..."

Cette grève pourrait être la première d'une longue série, alors que le débat sur la réforme des retraites doit s'ouvrir bientôt. Une réforme que les syndicats rejettent déjà en masse. Mais cette mobilisation, Mathieu pense ne pas pouvoir la suivre. "J'ai un appartement à payer, je ne peux pas faire grève tout le temps faute d'argent", assure-t-il. "Personne ne fait grève par plaisir. Quand on fait grève, on n'est pas payé", rappelle de son côté l'économiste Thomas Porcher.

Une situation qui n'émeut en tout cas pas le moins du monde l'enseignant Kevin Bossuet: "Vous allez nous faire pleurer... Heureusement que vous n'êtes pas payés quand vous faites grève. Imaginez, ils embêtent tout le monde et il faudrait les remercier!".

"C'est une honte absolue de faire grève en ce moment. Comment on peut se dire social et lutter contre l'intérêt général en empêchant des professeurs, des aides-soignantes et des médecins de se rendre au travail? Les Français en ont marre de ces serials-bloqueurs qui contribuent à l'inaction et font perdre du crédit à l'économie française. Que les grévistes arrêtent et fichent la paix aux Français, on en a ras-le bol", ajoute l'enseignant, très remonté.

G.D.