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Revalorisation du RSA: "Nous aimerions pouvoir être généreux mais nous ne pouvons pas"

Philippe Bas, président LR du Conseil Général de la Manche

Philippe Bas, président LR du Conseil Général de la Manche - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Les présidents des conseils départementaux du Calvados, de l'Eure, de la Manche et de l'Orne demandent dans une lettre adressée vendredi au Premier ministre le retrait du décret portant sur la revalorisation du RSA, faute de compensation versée aux départements. Ce dimanche sur RMC, Philippe Bas, président LR du Conseil Général de la Manche, s'explique.

"Il faut que les gens sachent que le gouvernement est responsable de la flambée du nombre d'allocataires du RSA, directement liée à l'augmentation de 500.000 chômeurs depuis 2012. Normalement, comme il s'agit d'une prestation légale, l'Etat devrait couvrir son coût. Or, il ne le fait plus. Il ne couvre son coût qu'au niveau qu'avait le nombre d'allocataires du RSA il y a une dizaine d'années. Les départements se retrouvent donc aujourd'hui étranglés, avec une charge croissante et incapables de faire face à cette obligation de se solidarité.

C'est pourtant ce moment-là que le gouvernement choisit pour augmenter, année après année, le montant du RSA! Nous aimerions pouvoir le faire mais ça n'est tout simplement pas possible. C'est de la générosité sur compte d'autrui. Alors que pendant ce temps-là la plupart des départements de France voit leur dotation fortement diminuer et sont condamnés à augmenter leurs impôts, ce que je me refuse à faire pour le département de la Manche.

Une augmentation de 2% du RSA multipliée par le montant du RSA et multipliée par 6.000 allocataires, c'est une augmentation considérable de la dépense. Nous aimerions pouvoir être généreux mais nous ne pouvons pas en raison de la diminution des dotations. L'Etat est aussi responsable de l'augmentation du nombre de chômeurs qui se retrouvent au RSA. Il faut donc que le gouvernement fasse son devoir et compense l'augmentation de dépense dû à l'augmentation du nombre d'allocataires du RSA".

Maxime Ricard avec Anaïs Bouitcha