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RSA contre bénévolat: "C'est tout gagnant"

REPORTAGE - Le tribunal administratif rend sa décision ce mercredi sur le recours de l’Etat à propos d’une délibération du conseil départemental du Haut-Rhin sur le versement du RSA contre du bénévolat. Un système déjà expérimenté depuis le début de l'année dans la Drôme où le système RSA contre bénévolat s'y fait sur la base du volontariat uniquement.

Assortir le versement d'une allocation sous condition d'engagement bénévole, on peut dire que la mesure est polémique. Mais surtout, est-ce légal de l'imposer aux bénéficiaires? La justice administrative va se prononcer ce mercredi sur la validité d'un dispositif voté par le conseil département du Haut-Rhin en février dernier. Un dispositif qui consiste à imposer sept heures de bénévolat par semaine aux allocataires, sous peine de se voir refuser leur RSA.

Le préfet d'Alsace a donc saisi la justice, car pour lui cette mesure est illégale. Mais ce système est déjà expérimenté depuis le début de l'année dans la Drôme où le système RSA contre bénévolat s'y fait sur la base du volontariat uniquement. Sur place, les bénéficiaires en sont très contents. Ainsi, depuis six mois, c'est à son bureau de l'Office des Sports de Valence qu'Abassia répond au téléphone. Cette bénéficiaire du RSA a troqué ses petits boulots contre un poste de secrétaire pour enfin trouver un peu de stabilité.

"On est un peu le père Noël"

"Déjà ça m'apprend, souligne-t-elle. Je n'avais jamais touché un ordinateur donc j'apprends à envoyer un mail, trier le courrier, répondre aux mails… Ça nous apprend beaucoup de choses. C'est tout gagnant." "Si on peut aider quelqu'un à reprendre goût au travail, à lui redonner du travail, à faire des découvertes, c'est notre rôle à l'Office des Sports, affirme Jean-Marc Abattu son président. On va l'aider dans ses démarches, dans ses recherches. On est un peu le père Noël".

Dans la Drôme, seulement 359 allocataires du RSA sur les 12.000 que compte le département ont pour l'instant fait le choix du bénévolat pour se remettre au travail. Insatisfaisant mais encourageant pour Patrick Labaune, le président du conseil départemental. "C'est un système long à se mettre en marche, estime-t-il. Tout doucement, il rentre dans les mœurs. Ça commence à prendre. Ce sont plus de 300 personnes que l'on sert, que l'on sort un petit peu de la solitude, du 'Je ne sers à rien'. Au moins, là, ils servent à quelque chose à la société". Dans le département, il y a encore près de 500 postes de bénévoles à pourvoir dans des associations ou des œuvres caritatives.

M.R avec Gwenaël Windrestin