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Après les attentats, fini la pause cigarette devant le lycée

Conséquence de l'état d'urgence, les proviseurs sont incités à créer des espaces fumeurs dans les lycées.

Conséquence de l'état d'urgence, les proviseurs sont incités à créer des espaces fumeurs dans les lycées. - Thomas Coex - AFP

Depuis lundi, l’Education nationale autorise les chefs d’établissement à mettre en place des coins fumeurs dans l’enceinte des lycées. L’objectif, éviter les attroupements devant les lycées et mettre les élèves en sécurité.

Fumer dans les cours de récré est interdit depuis 2007. Pourtant, depuis les attentats, la cigarette est en train de faire son retour dans les lycées. Conséquence de l’état d’urgence et du plan Vigipirate, le ministère de l’Education a décidé de renforcer la sécurité aux abords des établissements. Dans un communiqué, le ministère permet aux chefs d’établissements de réintégrer des espaces fumeurs à l’air libre dans l’enceinte du lycée.

C’est le cas au lycée Branly, dans le 5e arrondissement de Lyon. Un espace de 25m2, balisé par des panneaux a été mis en place. Désormais, les lycéens peuvent fumer à l’intérieur de ce périmètre. Cette mesure laisse les élèves un peu sceptiques. "Si vraiment des terroristes veulent faire une attaque, c’est pas compliquer de sauter un portail", relève ce lycéen.

Une mesure "provisoire"

L’espace fumeur à l’intérieur du lycée a au moins pour bénéfice de rassurer les parents, même au détriment de la prévention du tabagisme.

"Un élève blessé par balles, c’est à nos yeux bien plus grave que la question du tabagisme, reconnaît Gérard Heinz, du syndicat des personnels de direction de l’Education Nationale (SNPDEN). Parallèlement, on va renforcer toutes les actions de prévention et bien montrer aux élèves qu’on ne baisse pas la garde face au tabagisme".

Cette solution reste toutefois temporaire assure Nathalie Kerbici, secrétaire adjointe du SNPDEN du Rhône. "Cette mesure provisoire, elle est vraiment pour assurer la sécurité sur un constat: on a nos fumeurs parmi nos lycéens, ils sont dehors, et dehors ce n’est plus possible.

C’est une solution du moins pire. Dans l’urgence, on n’a pas de solution meilleure que celle-ci", reconnaît Nathalie Kerbici. Partout en France, des lycées ont commencé à aménager ces espaces fumeurs. A Lyon, près de 90% des établissements ont déjà franchi le pas.

C. B avec Gwenaël Windrestin