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Assurance maladie universelle: "L'idée pourrait être bonne si on revalorise les médecins"

La proposition prévoit de fusionner sécurité sociale et mutuelles.

La proposition prévoit de fusionner sécurité sociale et mutuelles. - Philippe Huguen - AFP

Le directeur général de l'AP-HP Martin Hirsch propose la création d'une assurance maladie universelle, regroupant la sécurité sociale et les mutuelles. Une proposition qui ne séduit pas tout le monde dans le secteur de la santé.

Actuellement, il existe deux étages de couverture maladie: la sécurité sociale et une mutuelle, permettant de compléter les remboursements. Pour simplifier les démarches, le directeur général de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris Martin Hirsch et le responsable de la chaire Santé de Sciences Po Didier Tabureau proposent de réunir les deux en une assurance maladie universelle.

"Le premier avantage est d'économiser six milliards, qui seraient utilisés pour des soins ou des traitements. Deuxième avantage, c'est que ça réduit la complexité. Enfin, c'est beaucoup plus juste parce que l'assurance maladie est financée très strictement en fonction des revenus des gens", explique Didier Tabureau.

"Si c'est pour interdire d'avoir un espace de liberté tarifaire.."

Pour le président de la Fédération des Médecins de France Jean-Paul Hamon, il est nécessaire de faire attention à plusieurs points concernant les droits des médecins. Il craint notamment que les dépassements d'honoraires ne soient pas pris en charge dans ce nouveau système.

"L'idée de payer le médecin à hauteur réelle du coût réel de la pratique, c'est une bonne idée, mais si c'est pour payer en-dessous et interdire au médecin d'avoir un espace de liberté tarifaire qui lui permet de rattraper le coût de la pratique, il faudra voir. C'est une idée qui pourrait être bonne si on revalorise de façon significative les médecins et qu'on rend de nouveau attractive la médecine libérale", estime-t-il.

Mais cette assurance maladie universelle ne plaît pas à tout le monde. Le président de la Mutualité française Thierry Beaudet considère que cette réforme serait préjudiciable pour les Français. "Ce serait prendre le risque de déséquilibrer de manière très importante, peut être définitivement, une construction sociale à laquelle l'ensemble de nos concitoyens sont à juste titre fortement attachés", assure-t-il.

Charlotte Peyronnet avec F. H.