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"C'est vraiment un choc": à Aulnay-sous-Bois, les habitants émus par la mort d'un vigile de centre commercial atteint du coronavirus

Ses collègues, les habitants de son quartier et les centaines de clients qui le connaissaient pleurent la disparition de celui qu’ils surnommaient l’ange gardien du centre commercial.

Derrière les chiffres de l’épidémie de coronavirus qui touche la France, il y a des histoires, des anonymes dont la disparition marque. Comme celle d'Alain Siekappen Kemayou. Il était le chef de la sécurité au centre commercial O’Parinor, est mort vendredi à 45 ans des suites du Covid-19.

Les hommages se sont multipliés en souvenir de "ce grand costaud", cet homme "charismatique" que tout le monde connaissait, Alain était devenu au fil des années une figure à Aulnay-sous-Bois.

Le bonjour d’Alain ne résonnera plus aux portes d’entrées du centre commercial regrette Donald l’un de ses collègues depuis 20 ans.

“C’était quelqu’un de très bien. Il avait son franc-parler, mais justement, il arrivait par son discours à apaiser les gens. C’était quelqu’un de très apprécié et des commerçants et de nous ses collègues. On est très ému parce qu’on le connaissait de partout. Ca a vraiment été un choc pour nous tous”, explique-t-il.

Emporté par le coronavirus après 10 jours d’hospitalisation, l’agent de sécurité et son imposante carrure était devenu une figure à Aulnay sous bois explique Kader. “C’était quelqu’un du quartier, un visage du quotidien. Il était ceinture noire de karaté. C’était un homme avec un cœur. Je connais des gens qui n’avaient pas d’argent pour payer, il les a laissé partir. Il apaisait les choses, il encadrait les jeunes et en fait, il les motivait”, assure cet habitant.

Pour Mehdi 20 ans Alain était comme d’un grand frère capable de remettre certains jeunes dans le droit chemin.

“Il essayait toujours de remettre en question les gens. Tout en douceur, jamais dans l’agressivité et ça c’était son fort. Qu’il repose en paix comme on dit”, indique le jeune. 

Depuis lundi, des jeunes du quartier viennent soutenir les agents de sécurité du centre commercial, ils ont même ouvert une cagnotte pour la famille d’Alain.

Jean-Baptiste Bourgeon et Alfred Aurenche avec Guillaume Descours