RMC

"Ce budget existe déjà": pourquoi le collectif "Médecins pour demain" demande la consultation à 50€

Psychiatre et porte-parole du collectif "Médecins pour demain", la Dr Noëlle Cariclet explique dans "Apolline Matin" ce jeudi sur RMC et RMC Story la revendication des médecins libéraux grévistes sur un passage de la consultation à 50 euros.

Une avancée sur le dossier de la grève des médecins libéraux? François Braun, le ministre de la Santé, reçoit ce jeudi après-midi trois membres du collectif "Médecins pour demain", ainsi que trois représentants des syndicats qui soutiennent ce collectif, après la manifestation organisée à Paris. Psychiatre et porte-parole de "Médecins pour demain", la Dr Noëlle Cariclet attend impatiemment ce rendez-vous. "Si nous n’avons pas de mesures concrètes, si ne sommes pas rassurés sur l’accès aux soins, si nous ne sommes pas entendus, nous continuerons évidemment notre mouvement de grève dès la semaine prochaine, assure-t-elle dans ‘Apolline Matin’ ce jeudi sur RMC et RMC Story. Avec des mouvements différents, mais clairement une limitation de notre activité et des mesures qui iront crescendo, semaine par semaine."

Concrètement, les médecins souhaitent une revalorisation de la consultation, pour passer de 25 à 50 euros. "Ce budget existe déjà, assure cette porte-parole du collectif à l’origine du mouvement. Aujourd’hui, les médecins généralistes ou spécialistes sont rémunérés tant par leurs consultations que par des forfaits ou des primes payés par la Cnam (assurance maladie). D’une certaine manière, ils vivent sous perfusion de la Cnam. Ce sont des libéraux pas très libéraux. Les médecins ne veulent plus ça. On ne veut pas dépendre de ces primes. On préfère revaloriser nos consultations et que la Cnam garde ces budgets, qui existent déjà, pour mieux rembourser les patients."

"Je suis à 4.000 euros par mois, ça fait un tarif horaire de 18 euros"

Une hausse du tarif qui permettrait aux médecins de mieux s’entourer, surtout pour les tâches administratives. "Un médecin libéral n’a pas de congés, c’est lui qui finance s’il veut être en vacances. Concernant sa retraite, il n’est pas couvert à 70% comme les salariés, mais à 30%. Il est obligé d’investir dans une retraite complémentaire, c’est normal. Il travaille 55 heures par semaine. Moi, je suis à 4.000 euros par mois. Ça fait un tarif horaire de 18 euros. Je fais 55 à 60 heures par semaine. (Avec la revalorisation) Je gagnerais exactement la même chose, mais j’embaucherais une secrétaire, parce que je manque cruellement d’une secrétaire qui pourrait m’aider à gérer mon administratif et l’accueil de mes patients."

Sans geste fort du ministre de la Santé, la Dr Noëlle Cariclet craint d’énormes difficultés pour le secteur médical. "Pour que des médecins en arrivent à fermer leurs cabinets, c’est que le temps sont vraiment graves, souligne-t-elle. J’ai fait quasiment 20 ans de grèves avec mon brassard et mon petit scotch sur la blouse, ça n’a mené à rien. L’effondrement du système de santé est tel, tant à l’hôpital qu’en ville, qu’on n’a pas eu d’autre choix que d’en arriver là. Dieu sait qu’on en a fait, des propositions. On a fait remonter des revendications, on a participé aux négociations avec la Cnam, sans aucun résultat. Nos syndicats travaillent depuis des années, avec très peu de résultats. On ne peut plus cautionner ce système. La médecine est devenue tellement maltraitante pour les patients, qui sont en danger, que les médecins refusent de cautionner ça."

LP