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Comment les pompes funèbres accompagnent les familles des victimes du coronavirus

Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, la barre des 20.000 morts a été franchie. Et dans le Haut-Rhin, les pompes funèbres doivent faire face au flot de décès. Certaines sont submergées.

Une vingtaine de cercueils alignés les uns à côté des autres dans l’habituelle salle de cérémonie. “Celle-ci est pleine à 80% de personnes atteints de Covid-19 en attente de crémation”, explique Jérémy responsable des pompes funèbres. 

“On garde les défunts chez nous pour permettre, si une famille souhaite encore se recueillir un dernier moment près du cercueil, même s’il est fermé. Ça leur laisse cette possibilité”, indique-t-il. 

Des victimes du coronavirus décédées seules, sans leurs proches. “Aujourd’hui il y a des gens, la dernière image qu’ils vont garder de leurs parents c’est l’image du papa, du papy, qui est parti avec l’ambulance des pompiers. L’image suivante c’est soit le cercueil au cimetière ou carrément l’urne en retour de crémation”, confie le responsable.

Un accompagnement des familles difficile

Accompagner les familles jusqu’au bout, du mieux qu’ils peuvent malgré une cadence effrénée, c’est l’engagement de Jean-Louis et Roland, les deux porteurs. Ce jour-là, ils enterrent une mère de famille. 

“Ça nous embête d’être à l’écart de ne pas dire bonjour aux gens. Il n’y a rien. C’est assez triste pour nous. Malgré ce qui se passe, on est là pour assister ces gens-là”, expliquent-ils. 

Autour du cercueil, un nombre réduit de proches. Seul une vingtaine de personnes sont autorisées à assister aux obsèques.

Gwladys Laffitte et Marie Monier avec Guillaume Descours