RMC

Confinement: l'inquiétude et l'impatience des couples en attente d'une PMA

-

- - -

Les centres d'aide à la procréation rouvrent progressivement alors que certains couples se sentent esseulés.

Alors que le déconfinement se poursuit, la vie reprend pour les Français. Certains d'entre eux s'impatientent, notamment toutes celles et ceux qui ont un projet d'enfant, et ont du recourir à la procréation médicalement assistée.

Le confinement a suspendu tous ces parcours, puisque les centres de procréations médicalement assistées (PMA) ont fermé leurs portes. L'accès aux soins est limité, la reprise est progressive, les rendez-vous espacés pour respecter les mesures de sécurité sanitaires.

Des critères de priorité ont été définis par l'Agence de la biomédecine, pour favoriser les patients les plus urgents, entre autres.

"A cause de cette longue pause, on a peur de l'échec, on y croit moins"

Une attente difficile à vivre par les couples qui se sont retrouvés seuls, avec leur projet d'enfant. En Seine-et-Marne, Emilie et Brice essaient depuis 2 ans maintenant d'avoir en enfant, une petite soeur ou un petit frère pour Nathan, 3 ans.

Face aux difficultés d'Emilie, pré-ménopausée, Le couple a décidé de recourir à la PMA. En mars dernier, la jeune mère de famille se rend dans un centre d'AMP, de procréation médicalement assistée pour une fécondation in vitro.

"Et malheureusement le lendemain tout s'est arrêté à cause du coronavirus", confie Emilie. Les centres ferment, plus aucune prise en charge... Le couple est contraint d'attendre, esseulé.

"On a quand même subi cette pause. Maintenant on voudrait que ça redémarre et c'est un peu frustrant aussi, malheureusement je ne suis toujours pas enceinte. A cause de cette longue pause, on a peur de l'échec, on y croit moins"

"Il y a un vrai devoir des équipes de se mettre en lien avec les patients pour ne pas qu'ils se sentent abandonnés"

Un embryon a pu être fécondé, et congelé. Mais Emilie n'a toujours pas de nouveau rendez-vous médical. Une course contre la montre particulièrement mal vécue, explique Rachel Trèves, psychologue, spécialiste de l'accompagnement des patients en parcours d'assistance médicale à la procréation.

"C'est doublement compliqué. Il y a un vrai devoir des équipes de se mettre en lien avec les patients pour ne pas qu'ils se sentent abandonnés."

De son coté Emilie a choisi de créer une association, pour mettre en relation tous ces couples... échanger, partager leurs doutes, leurs difficultés, dans ce parcours du combattant.

Marie Monier (avec J.A.)