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Covid-19 et crise économique: les chiffres des défaillances d'entreprises au plus bas niveau depuis 30 ans

INFORMATION RMC - Marie Dupin dévoile jeudi matin pour RMC les chiffres des défaillances d'entreprises au troisième trimestre.

La crise sanitaire du Covid-19 a-t-elle provoqué plus de faillites qu'auparavant? Contrairement à ce qu'on peut croire, pas vraiment.C'est même plutôt le contraire qui se passe selon les chiffres de la société Altarès que RMC vous dévoile ce jeudi.

Ainsi, depuis janvier, les tribunaux ont prononcé 24.000 ouvertures de procédures collectives: c'est le plus bas niveau de défaillances depuis plus de 30 ans. Même si ces chiffres ont un peu augmenté cet été, on est toujours très en deçà des niveaux habituels.

Pourquoi cette situation complètement paradoxale? Tout simplement parce que l'Etat a très tôt mis en place des mesures de soutien avec le chômage partiel, le PGE, le report des cotisations et même un aménagement des règles de cessation de paiement, ce qui a permis aux entreprises de tenir le choc. Jusqu’à maintenant.

Beaucoup de signaux inquiétants

En particulier la proportion grandissante de liquidations directes, c'est-à-dire d'entreprises qui mettent la clé sous la porte. D'habitude, ces sociétés qu'on ne peut plus sauver représentent deux procédures sur trois. Aujourd'hui, c'est 3 sur 4. C'est le signe d'entreprises qui ont trop attendu pour se déclarer en cessation de paiement. 

Parmi les secteurs les plus touchés par ces défaillances, on voit bien que le secteur du commerce est le plus touché. Par exemple, les librairies avec une hausse des défaillances de 67% et tout ce qui le commerce de gros de boissons.

Beaucoup d'agences de voyages également mettent la clé sous la porte: le nombre de défaillances a carrément triplé au troisième trimestre.

On constate également davantage de faillites dans l'hébergement touristique, l'hôtellerie, et les campings.

Derrière une situation a priori rassurante, il y a en fait des secteurs qui souffrent et suscitent beaucoup d'inquiétude pour les mois à venir, notamment pour le début et le printemps de l'année prochaine quand les entreprises vont devoir commencer à rembourser les prêts garantis par l'Etat. 

Marie Dupin