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Covid: en France, la vaccination des enfants patine

Pour faire face à  la faible vaccination chez les 5-11 ans, les règles ont été assouplies. Car la vaccination des plus jeunes en France ne décolle pas, contrairement à nos voisins.

Katell, maman de deux filles, 8 et 11 ans, ne les a pas fait vacciner. Pour une première raison: "Ce n’est pas obligatoire, je ne me suis pas précipité pour". Mais surtout, elle n'y voit pas forcément l'intérêt: "Mes filles n’ont rien eu, elles sont en très bonne santé. Les enfants n’attrapent pas trop le virus et j’aimerais bien avoir un peu plus de recul par rapport à tout ça".

Un mois après l'ouverture du vaccin aux 5-11 ans, à peine plus de 200.000 enfants ont reçu une dose sur les 5 millions éligibles. Face à ce faible taux, le gouvernement a décidé de revenir sur les conditions instaurées en décembre, à l'ouverture de la vaccination pour les plus petits. L'accord d'un seul parent est à nouveau suffisant pour les vacciner, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

4% d'enfants vaccinés en France

Car le retard français est conséquent, comme l'a reconnu Jean Castex jeudi dernier. En Espagne, plus de la moitié des enfants âgés de 5 à 11 ans ont déjà reçu une première dose anti-Covid. Dans certaines régions, la vaccination se fait directement dans les écoles. En Galice, plus de 80 % des enfants sont au moins partiellement immunisés. En Italie, ce taux s’élève à 28 %, et à près de 16 % en Allemagne. Le Canada et les États-Unis, qui se sont lancés en même temps que l’Europe, sont, respectivement, à 51 % et 29 % d'enfants vaccinés, contre 4% en France donc.

Le problème d'offre est aussi une raison de ce retard. Pascal, papa d'un petit garçon de 7 ans, l'a fait vacciner. Mais sa femme et lui ont mis une bonne semaine avant de trouver un rendez-vous en région parisienne: "On a regardé plusieurs fois, essayé sur Doctolib de trouver quelque chose et finalement, ma femme a trouvé via la Croix Rouge à une dizaine de kilomètres de chez nous".

Dans son cabinet, François Vié Le Sage, pédiatre, a du mal à administrer ses doses quotidiennes: "Les gens sont toujours dans l’état d’esprit que les enfants sont moins à risque mais le variant Omicron a un peu changé la donne. Il se diffuse plus chez les enfants parce que les adultes sont majoritairement vaccinés maintenant. Les derniers foyers sont donc chez les enfants et les adultes non-vaccinés". Et pour lui, il est très important de vacciner, en priorité, les enfants à risques.

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Léna Marjak et Maryline Ottmann (avec Guillaume Dussourt)