RMC

Des patients attachés aux brancards près d'une semaine: polémique aux urgences du CHU de Saint-Etienne

La contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan, a dénoncé la situation dans un rapport, soulignant le "traitement inhumain ou dégradant" des patients dans l'établissement.

250 millions d'euros pour les hôpitaux débloqués par la ministre de la santé Agnès Buzyn. Les hôpitaux et cliniques se partageront donc 200 millions d'euros "en fonction de leur activité" et 50 millions supplémentaires "seront consacrés à des aides en trésorerie pour des établissements en difficulté", car le manque de moyens conduit à des dysfonctionnements. Comme aux urgences de l'hôpital de Saint-Etienne.

Une vingtaine de patients, relevant de la psychiatrie, ont attendu aux urgences générales, les pieds et les mains attachés sur des brancards, dans des couloirs parfois pendant sept jours, sans pouvoir se laver ou se changer et sans possibilité de téléphoner. 

C'est le constat accablant que la contrôleuse des lieux de privation de liberté a fait lors d'une visite en janvier. Adeline Hazan a ainsi adressé jeudi un rapport à la ministre de la Santé pour faire cesser ces "traitements inhumains" et dégradants. Plus globalement dans le pôle psychiatrie, les contrôleurs ont observé une pratique générale de mesures d'isolement (enfermement) et de contention "ne répondant pas aux exigences législatives et réglementaires".

Une situation dont sont conscients les médecins et la direction du CHU. Le professeur Eric Alamartine, représentant du corps médical au CHU de Saint-Etienne, reconnaît cette situation"dégradante": "Ce sont des patients sur des brancards, qui y sont attachés, car ils sont considérés comme dangereux. Ils sont contenus, certains pour six jours, avec tout l'inconfort et une forme de non respect de la personne".

Pire: ce dysfonctionnement dure depuis plusieurs années, selon le rapport. Mickaël Galy est le directeur général de l'hôpital de Saint-Etienne: "Dans le département de la Loire, nous sommes moins bien dotés en nombre de psychiatre que la plupart des départements français. Donc, que se passe-t-il? Lorsqu'un patient souffre de troubles mentaux, il arrive souvent aux urgences lors des périodes plus aigües de sa pathologie. Et bien sûr, il y a ce qu'il se passe à l'intérieur du CHU. Il faut fluidifier les prises en charges entre les urgences et les secteurs d'hospitalisation". 

Les urgences de Saint-Etienne vont donc être réaménagées. Un enquête interne et des audits ont également été diligentées.

Gwenaël Windrestin et X.A