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Elèves volatilisés, certains professeurs aussi... Le casse-tête de l'école en confinement

Jean-Michel Blanquer a estimé mardi qu'"entre 5 et 8% des élèves" ont été "perdus" par leurs professeurs, qui ne peuvent pas les joindre pour assurer la "continuité pédagogique". Des chiffres qui ne surprennent pas Anaïs, auditrice de RMC, qui constate cela chez ses élèves.

Anaïs, professeur dans le Val-de-marne a témoigné ce mardi dans RMC Mobilisation générale au sujet de l'éducation en ces temps de confinement. Cette enseignante d'anglais parvient à maintenir un lien quotidien grâce aux moyens technologiques, même si cette méthode trouve ses limites dans sa matière.

"L’apprentissage de la langue à distance c’est presque une aberration, c’est extrêmement compliqué. On peut s’enregistrer mais ça reste très artificiel", note-t-elle. Autre problème des cours à distance, ces élèves dont on perd la trace virtuelle.

"On les cherche mais on perd leur trace"

"Il y a des élèves qu’on n’a pas revu. On a des réunions régulièrement avec la vies scolaire et le CPE pour essayer d’aller les chercher. C’est notamment problématique pour les élèves en foyer ou en famille d’accueil. Parfois on perd leur trace."

D'autres élèves sont particulièrement difficiles à mobiliser pour des leçons en ligne quand leurs parents maintiennent une activité et qu'ils se retrouvent à devoir jouer les chefs de famille durant la journée.

"Il y a aussi des élèves qui subissent cette crise du Covid 19 plus que d’autres parfois en ayant des parents en première ligne, qui travaillent encore, et les enfants se retrouvent parfois à devoir garder la fratrie. Et ils ne peuvent pas forcément faire tous les devoirs envoyés."

"Certains collègues, les plus âgés pas trop familiarisés avec les nouvelles technologies, perdent un peu le fil des choses"

Des élèves manquent à l’appel, mais également des professeurs.

"Je pense que certains collègues, les plus âgés pas trop familiarisés avec les nouvelles technologies, perdent un peu le fil des choses. Car ce n’est pas dans leur pratique pédagogique de base. Et d’autres pour des raisons de santé. Il y a énormément de paramètres à prendre en compte."

Anaïs assure que tout le monde tente malgré tout de “rester soudé” et d’affronter ensemble cette crise exceptionnelle.

J.A.