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Epidémie de grippe: "L'hôpital se paie les dysfonctionnements de notre système"

Mercredi, la ministre de la Santé Marisol Touraine s'est alarmée d'une épidémie de grippe "particulièrement intense". Dans certains hôpitaux, certains services d'urgences sont débordés. Frédéric Valletoux, président de la fédération hospitalière de France, estime que l'hôpital paie la pénurie de médecins de ville.

Le bilan de l'épidémie de grippe sera "probablement lourd", a averti mercredi la ministre de la Santé, Marisol Touraine, appelant au report des opérations non urgentes pour désengorger les hôpitaux mais niant que la situation soit la conséquence de fermetures de lits.

Frédéric Valletoux, président de la fédération hospitalière de France, estime que l'afflux de patients aux urgences est dû au manque de médecins généralistes: "On se retrouve dans cette situation parce qu'on sait que notre système de santé marche un peu sur la tête et que la médecine de premiers recours –les médecins généralistes- est un peu faiblarde. Les gens vont directement à l'hôpital quand ils ont une inquiétude parce qu'ils ne trouvent pas de rendez-vous, parce que les cabinets de ville sont débordés. Dans certains territoires, il n'y a plus de médecins".

Suppression de lits d'hôpital: "il fallait sans doute aller moins vite"

"Ce n'est pas l'hôpital qui est désorganisé, qui n'a pas anticipé l'épidémie de grippe, c'est l'hôpital qui doit faire face à un afflux de patients et qui se paie les dysfonctionnements de notre système. (…) On a réorganisé les hôpitaux: le gouvernement a supprimé 16.000 lits, sans le dire d'ailleurs, ces dernières années. C'était l'objectif du plan d'économies de Marisol Touraine de 2014. Il fallait sans doute aller moins vite dans cette suppression parce qu'aujourd'hui on en manque dans certains endroits", a-t-il aussi déploré.

P.B.