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Et si les pharmaciens nous vaccinaient? "Les patients seraient ravis, pas les infirmières"

La nouvelle campagne de vaccination contre la grippe débute cette semaine. Et si c'était le pharmacien qui vous piquait ? Le conseil de l'ordre des pharmaciens fait un puissant lobbying pour obtenir le droit de vacciner les clients des officines. Christelle, pharmacienne d'une commune rurale se dit sur RMC.fr favorable à une telle mesure, mais craint que cela ne déclenche une guerre avec les autres professionnels de la santé.

Christelle, pharmacienne à Crécy-la-Chapelle (Seine-et-Marne):

"Que je puisse vacciner mes clients, ce serait une belle mission. Je ne pense pas qu'ils aient de crainte particulière sur le fait que ce soient nous qui le fassions, au contraire les patients seraient ravis qu'on puisse le faire puisque dans mon département on manque de médecins. Ce serait un service en plus pour soulager les généralistes et les infirmiers.

Mais on ne m'a jamais appris à piquer. Le geste ne me fait pas peur mais on n'est pas formés pour ça, alors nous devrions être formés pour le faire.

On pourrait même faire les soins, ça entre dans nos prérogatives, et on le fait déjà pour des soins courants.

"Ça a toujours été la guéguerre avec les infirmières et les médecins"

Si un jour la décision d'ouvrir la vaccination aux pharmaciens devait être prise, il faudrait que ça soit concerté avec les médecins et les infirmiers. Il faudrait prendre leur avis. Si mon ordre m'y autorise, les infirmiers risqueraient de mal le prendre. Ça a toujours été la guéguerre entre nous: quand on vient sur les plates-bandes des uns et des autres, c'est compliqué.

Qu'on soulage les médecins, c'est cohérent, ils ont mille autres choses à faire. Mais les infirmières jouent déjà ce rôle de vaccination pour décharger les médecins. Croyez-moi, si je dis aux cinq infirmières de mon village que je pique, elles ne seraient pas ravies du tout. Pour sauver les officines, il vaudrait mieux que les médecins généralistes s'installent dans nos campagnes, plutôt que de nous donner le droit à vacciner".

Philippe Gril