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Et si on arrêtait le déodorant? "C'est un combat louable mais c'est quand même perdu d'avance"

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- - Flickr/CC/Alan

Dangereux les déodorants? Le Parisien a mis en lumière ce lundi une étude de chercheurs suisses mettant les consommateurs en garde sur les déodorants aux sels d'aluminium, qui pourraient provoquer des cancers du sein. Faut-il jeter vos aérosols et vos sticks à la poubelle? On pourrait, estime la dermatologue Nina Roos - auteur de Une peau en pleine en forme! - mais il ne faut pas non plus céder à l'affolement.

"On peut très bien vivre sans déodorant. Le déodorant n'est pas utile à la santé et à l'hygiène de l'humain. Il est utile socialement pour rentrer dans le moule de conformité qu'on vous impose, c’est-à-dire 'pas d'auréole et pas d'odeur s'il vous plait'. Faire de la résistance à ce niveau-là, c'est un combat louable mais c'est quand même perdu d'avance. Aujourd'hui les odeurs corporelles ne sont pas acceptables au boulot.

"Est-ce que j'ai besoin d'en mettre tous les jours?"

On pourrait avoir une réflexion au niveau individuel: est-ce que j'ai besoin d'en mettre tous les jours? Peut-être que le week-end si je ne vois personne je peux ne pas en mettre? Est-ce qu'il est possible d'aller plus lentement et de consommer moins de cosmétiques et les choisir mieux? Oui certainement. Que l'on soit dans une régression de surconsommation de cosmétiques, oui c'est souhaitable. Est-ce que ça a un impact sur la santé de l'individu en particulier? Je ne suis pas sûre. Rien ne le prouve.

Au niveau individuel, si on a besoin de mettre un déodorant aux sels d'aluminium parce que l'on a une présentation à faire devant 200 personnes, je crois qu'il ne faut pas avoir de crainte particulière à l'utiliser. Il faut être vigilant mais ne pas affoler les gens pour rien.

"Il faut prendre cette étude avec précaution tout en étant vigilant quand même"

L'étude de ces chercheurs suisses a été faite en boite de culture (directement sur des cellules mammaires, ndlr). Il y a une différence entre les études en conditions réelles d'utilisation et les études in vitro dans des milieux de culture où on va forcer la dose et ne pas avoir la barrière cutanée, parce que la peau est une barrière efficace.

C'est compliqué de dire que si j'en mets sur mon aisselle ça va me donner le cancer du sein, probablement non. Il faut prendre cette étude avec précaution tout en étant vigilant quand même. Il y a des signaux qui clignotent depuis des années sur la dangerosité des sels d'aluminium".