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"Expliquez-nous": comment circule le coronavirus depuis la fin du confinement ?

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Le déconfinement était craint, mais pour le moment, il n'a pas fait remonter le nombre de malades du coronavirus. En effet, comme depuis plusieurs semaines maintenant le nombre de personnes hospitalisées continue de baisser. Au point d'espérer une nouvelle phase du déconfinement?

Jusqu’ici, tout va bien. Personne ne le crie trop fort de peur d'être accusé de démobiliser les Français, mais la réalité, c’est que depuis la fin du confinement, le virus circule moins que ce qui avait été prévu. La directrice de santé publique France, Geneviève Chêne l’a dit : “la circulation reste faible”. Même constat avec d’autres mots de la part d’Antoine Flahaut, épidémiologistes enseignant à Genève : “La première vague est finie, c’est certain…”

Les derniers chiffres publiés lundi soir le confirme aussi. Des chiffres à la baisse comme tous les soirs depuis un mois et demi. 1600 patients en réanimation contre plus de 7100 au plus fort de la crise le 8 avril. 16.000 patients à l'hôpital, contre le double 32.000 le 15 avril. 

Quant au nombre de décès, les chiffres n’ont pas été donnés depuis vendredi pour cause de pont de l'ascension. Mais la semaine dernière, en moyenne, on a compté 86 morts par jour contre 484 à la mi-avril. Même constat dans les services d’urgences ou l’on est passé en dessous de 6% des cas, partout sauf peut-être en Île-de-France. Les interventions de SOS médecins liées au covid sont en baisse et les SAMU ont retrouvé une activité normale. 

Enfin, pour la médecine de ville, le syndicat MG France indique avoir constaté une faible circulation du virus lors de la première semaine du déconfinement. De nombreux généralistes disent ne plus avoir vu un seul cas depuis une ou plusieurs semaines. 

De nouvelles annonces jeudi ?

Ceux qui sont le plus à même de juger, ce sont les fameuses brigades sanitaires. Souvenez-vous, c'était au coeur de notre stratégie de déconfinement. Il fallait être capable de “tracer”, de suivre, tous les patients testés positifs pour les isoler et pour tester leur entourage. Casser les chaînes de transmission. Et pour cela, on a mobilisé 6500 personnes au sein de ces brigades. On les a d’abord appelées “brigades sanitaires” mais ca faisait un peu militaire, alors on les a rebaptisés brigades des “anges gardiens”, ca fait moins peur, mais ca fait un peu cucul la praline, un peu Josephine Ange gardien. En tout cas, ces brigades sont opérationnelles depuis le 13 mai sous la responsabilité des caisses primaires d'Assurance maladie. Elles ont été calibrées pour gérer 2000 à 4000 cas par jour, c’est ce que prévoyaient les modélisations, mais finalement, il n’y en a eu que 500 ou 600 par jour environ. Huit fois moins que l'hypothèse haute.

On pensait que pour chaque personne testée positive, il faudrait contacter environ 25 de ses contacts. Et bien non, la moyenne c’est plutôt trois contacts par patient. Résultat, ces anges gardiens sont au chômage technique. Le Monde a consacré un reportage à l’antenne de la Sommes à Amiens. Ce qu’on apprend, c’est que le téléphone ne sonne pas beaucoup. 49 cas ont été traités en dix jours, plus 95 de leurs contacts. Alors que ce devait être une ruche capable de contacter 600 personnes par jour… C’est une surprise, mais c’est surtout une très bonne nouvelle, le virus circule beaucoup moins que ce qui était attendu. 

Et du coup plus personne ne parle de l’application qui devait accompagner cette opération de traçage. Avec ou sans géolocalisation. Le débat a été vif, mais sans doute inutile. On va pouvoir gérer les patients à l’ancienne. Avec des entretiens et sans se servir du Bluetooth… 

Compte tenu de ses dernières données, on peut s’attendre à de nouvelles mesures de déconfinement. Ces mesures seront annoncées jeudi après midi, après un conseil de défense jeudi matin. Puis elles entreront en vigueur le 2 juin. C’est-à-dire dans une semaine. On ne sait pas ce qui sera annoncé, mais on sait sur quoi porte le débat. Les régions qui pourraient passer de zone rouge à zone verte. La réouverture des cafés et restaurants dans les départements verts. La réouverture des lycées. L'organisation ou pas de l’oral de Français au bac. La réouverture ou non des parcs et jardins en zone rouge. Surement la date de réouverture des parcs d’attraction et peut être la date pour une réouverture des piscines, des théâtre et des cinémas. 

Bref sauf mauvaise surprise, si la tendance actuelle se poursuit, la phase deux du déconfinement devrait marquer un grand retour à la normale.

Nicolas Poincaré